dimanche 2 août 2015

Tourner les talons




Les Américains ont quand même une drôle de façon de faire avancer leurs scénarios (mes yeux vont mieux ; mais pendant un moment lire les fatiguait trop, et je leur ai fait regarder des séries). C’est un peu comme dans un système électrique — pour ce que j’en sais —, tout se résume à des entrées et à des sorties. J’avais déjà repéré depuis longtemps le truc du personnage qui surgit de nulle part en répondant à une question qui vient d’être posée, tout de suite au jus, au taquet, sachant de quoi on parle, pas un bonjour ni rien, ce mode d’entrée est si éculé qu’une fois averti on ne voit que ça. Mais le récit n’en est pas tellement affecté, tandis que les sorties lui sont consubstantielles — il n’est qu’une succession de sorties précoces/arbitraires/artificiellement dramatiques, immanentes et imminentes, dont le schéma est le suivant : une situation critique — A et B se rencontrent pour évoquer le sujet — B balance une réplique bien sentie mais absolument improductive et tourne les talons — la situation critique est toujours aussi critique, c’était bien la peine de se déranger, ou alors ils sont interrompus grossièrement par rien (finalement) — A et B doivent se retrouver pour remettre ça (autant de trajets, ponctués d'incidents mineurs) et cette fois c’est A qui ne résiste pas au plaisir de claquer la porte sur une vacherie/une menace/un reproche hors de propos, oubliant pourquoi il est venu — fin de l’épisode. L’heure a tourné, alors que s’ils s’étaient un peu concentrés la chose était réglée en cinq minutes. Vivement la saison 2.



2 commentaires:

Ambre a dit…

Et puis les séries, vous pouvez aussi les regarder les yeux fermés;-)
(Contente que vos yeux aillent mieux).

X a dit…

C'est une grande tentation que de réduire les séries à ce schéma, ce qui me fait rire tellement tout est prévisible. Mais j'ai tourné les talons, moi aussi, j'avais juste voulu voir à quoi ça ressemblait, comment c'était fabriqué pour avoir un tel succès. Votre illustration est parfaite, y a plus qu'à remonter les coucous.
Quant à mes yeux, ils étaient affectés par les allergies d'été, le vent, la poussière, la sécheresse, le soleil intense, raison pour laquelle je suis retournée à Claude Simon, Dieu merci, les antihistaminiques existent....