mardi 3 décembre 2019

Au cas peu probable où vous ne sauriez pas quoi lire


Livres marquants en 2019

D’abord trois merveilleux gros morceaux, la colonne vertébrale de cette année de lecture : les correspondances de Ravel et de Stendhal, et les journaux de Virginia Woolf. Il y a peu de choses qui me comblent autant que ce traversées au long cours, ces vies par procuration. (J’aurai vécu deux fois la première guerre mondiale, d’abord plus ou moins près du front, puis depuis la campagne anglaise. Trois fois en fait, si j’ajoute le bref mais saisissant volume des Lettres de guerre de Jacques Vaché.)
Plusieurs très beaux romans : trois chefs-d’œuvre époustouflants pour commencer, La Route des Indes de Forster, L’Arrière-saison de Stifter et Vers le phare de Woolf ; et les excellents La Mélancolie de la résistance de Laszlo Krasznahorkai, La lune vient d’Asie de Campos de Carvalho, Oui et Les Mange-pas-cher de Thomas Bernhard, Les Vagues, Flush et Entre les actes de Woolf toujours.
Coté roman contemporain, j’ai aimé Hors Sol de Pierre Alferi, Autour de moi de Manuel Candré, Le Puits d’Ivan Repila, L’Avancée de la nuit de Jakuta Alikavazovic ; j’ai aimé aussi, et en plus ils étaient drôles, L’Univers en carton de Christopher Miller, L’Explosion de la tortue d’Éric Chevillard, Sigma de Julia Deck, L’Homme qui brûle d’Alban Lefranc, Prins de César Aira.
Et puis il y a ces petits livres inclassables à divers titres : le mélancolique Ângelo de Gilles Ortlieb, les Aventures dans l’irréalité immédiate (tout est dit) de Max Blecher, l’irrésistible Descendances de Stifter encore, Nétotchka Nezvanova de Dostoïevski (roman inachevé), les savoureuses Considérations sur le homard de D. F. Wallace, les très lyriques Souvenirs terrestres de Llewelyn Powys, deux recueils de nouvelles : Monsieur du Miroir de Hawthorne et Mémoires secrètes d’une poupée de Silvina Ocampo (sans parler de La Mort de la phalène et de La Fascination de l’étang de Woolf, décidément), les très attachants Indiens en bleu de travail de Jaime de Angulo (et ses Contes indiens).
Je retiens deux poètes enfin : une découverte, Laurent Albarracin (Res Rerum), et ce cher Charles Reznikoff (Ça et là).
Vivement 2020.


(Pour mémoire, la matière de 2018)


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