mercredi 13 mars 2013

L'effarante réalité des choses




Poulenc, Sonate pour deux clarinettes, andante. Michel Portal, Maurice Gabai
coin de ma rue un soir





L’effarante réalité des choses

est ma découverte de tous les jours.

Chaque chose est ce qu’elle est,

et il est difficile d’expliquer combien cela me réjouit

et combien cela me suffit.


[...
]

Sentir, c’est être inattentif.

[...
]
La beauté est le nom de quelque chose
  
qui n’existe pas

et que je donne aux choses en échange
  
 du plaisir qu’elles me donnent.


[...
]
L’unique signification intime des choses,

c’est le fait qu’elles n’aient aucune
  
 intime signification.


[...
]

Passe, oiseau, passe, et apprends-moi à passer !



XLIX

Je rentre à la maison, je ferme la fenêtre,
On apporte la lampe, on me souhaite bonne nuit,
et d’une voix contente je réponds bonne nuit.
Plût au Ciel que ma vie fût toujours cette chose :

le jour ensoleillé,
   et suave de pluie,
ou bien tempétueux comme
   si le Monde allait finir,
la soirée douce et les groupes
   qui passent,
observés avec intérêt
   de la fenêtre,
le dernier coup d’oeil amical
   jeté sur les arbres en paix,
et puis, fermée la fenêtre
   et la lampe allumée,
sans rien dire, sans penser
   à rien, sans dormir,
sentir la vie couler en moi
   comme un fleuve en son lit,
et au-dehors un grand silence

   ainsi qu’un dieu qui dort.

[poèmes d'Alberto Caiero]


Aucun commentaire: