dimanche 11 novembre 2012

Savoir merveilleux




« Ensuite je me suis réveillé

De bribes de rêves

Dont je ne me souvenais pas.

Le ciel était limpide,

La muraille s’est alors dressée

Et l’a séparé en deux.

Je n’entendais pas mes voisins

De la terre et je ne savais pas

S’ils étaient encore là

Ou s’ils s’étaient enfuis.
J’avais

Froid, mais les bouts de

Mes doigts bourdonnaient et brûlaient ; je ne

Serai pas — palpitaient-ils. Ils ronronnaient

De dix voix différentes, en un chœur

Gai et léger ; Un jour

J-e

Ne se-rai pas,  

Je ne se-rai pas !

Et du Je ne se-rai pas a jailli

Soudain au fond de moi ma

Raison d’être. J’ai su

À quel point

J’avais été,

Je l’ai su

Jusqu’au bout

Des doigts.  

Savoir merveilleux, souvenir

Merveilleux :

À quel point

J’avais été,

Et à quel

Point  

Je ne

Serais pas. »

David Grossman, Tombé hors du temps (2012)


traduit de l’hébreu par Emmanuel Moses



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