jeudi 30 octobre 2014

Personnages à l'horizon




C’est tout de même étrange que je connaisse — films, romans, feuilletons, reportages — beaucoup plus de personnages que de personnes, au fond — je me demande dans quelles proportions. Et que j’en sache tellement plus sur eux, leurs désirs et leurs secrets les plus intimes, alors que la plupart de mes semblables n’ont à mes yeux pas plus d’existence que des figurants. (Imaginons un type qui passerait sa vie à mater des séries sans jamais nouer aucun contact, l’humanité réelle resterait pour lui, jusqu’au bout, une pure fiction.) 

Relu Lenz pour la ixième fois, mais dans une autre traduction (meilleure, d’ailleurs). “N’entendez-vous donc rien ? N’entendez-vous donc pas cette voix épouvantable qui hurle de tout l’horizon et qu’on appelle d’ordinaire le silence ?



4 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

L'écueil serait de finir par croire que les personnes croisées puissent avoir autant de sentiments que les personnages que l'on a aimés simplement parce qu'ils leur ressemblent vaguement.
Il ne faudrait pas en venir à préférer le monde réel à celui de la fiction, il est tellement plus bruyant.
Le pire des bruits n'est-il pas celui d'un cœur qui bat, aucun silence ne mérite d'être troublé par un tel vacarme !

François Matton a dit…

"la plupart de mes semblables n’ont à mes yeux pas plus d’existence que des figurants"
Ainsi tout s'explique...
Adieu définitif.

Didier da Silva a dit…

Mais tu n'es pas mon semblable, mon frère !

François Matton a dit…

o Oo o°° o O o o ° ° ° !