mardi 7 octobre 2014

Une race d'hommes




Perry et Truman



[Truman Capote à Perry Smith, le 7 août 1963]

J'ai retrouvé la première strophe du poème que vous m'avez demandé. Je suis sûr qu'il y en a une seconde, mais, pour une raison que j'ai oubliée (il y a si longtemps de ça), je n'ai recopié que celle-ci dans un carnet et j'ignore ce qu'est devenue la seconde. Perdue, peut-être. Désolé. 

Il existe une race d'hommes qui ne s'intègrent pas aux autres, 
Une race d'hommes incapables de se fixer
Qui déchirent le cœur des êtres qui les aiment
Et s'en vont découvrir le monde. 
Ils traversent les champs, enjambent les rivières, 
Se hissent au sommet des montagnes. 
La malédiction des Gitans leur enflamme le sang
Et s'ils voulaient se reposer, ils ne sauraient le faire
Ils pourraient aller loin s'ils suivaient des voies rectilignes
Car ce sont des hommes solides, sincères et courageux, 
Mais ils se lassent vite de la réalité des choses
Et ne cherchent jamais que l'inconnu et le bizarre. 


[Ces vers sont d'un certain Robert William Service, poète canadien. Perry Smith était l'un des deux assassins que Capote met en scène dans De sang-froid et en qui pour son trouble il s'était reconnu.]


2 commentaires:

Igor a dit…

Définition de l'artiste, avec ou sans oeuvres. Champs, rivières et montagnes qui défilent sans cesse à l'esprit. Traversées et nomadisme perpétuel. Irrépressible mouvement, nécessaire renversement des barrières. Pas d'abri pérenne, pas de quiétude. S'en aller, s'en aller...

Anonyme a dit…

On ramène tout à soi parfois : je crois avoir été de ces gens-là, fuyant les "voies rectilignes", toujours "on the road", puis "s'en est revenu..."