lundi 14 juillet 2008

Brûler le bois de sa harpe





14. Signes de richesse
 Des larmes laissées par des chandelles de cire qui ont coulé.
 Des voix qui lisent.
Tombée et abandonnée, une épingle de tête ornée de fleurs.
 Des sons d’une flûte dont on joue dans le pavillon à étages.

 

16. Choses qui font naître un sentiment de tristesse et de solitude 
Un bourg dans les montagnes, la foire levée et partie.
 Jouer de la flûte à dos de bœuf.
 Une musique vulgaire battue par un tambour d’une seule baguette.

 

19. Choses qui choquent le bon goût
 Un saule pleureur dont les branches ont été émondées.
 Pour faire un bouillon de grue brûler le bois de sa harpe.


 
20. Choses pénibles à entendre 
Les sons de musique entendus par quelqu’un en deuil.
 La nouvelle de la mort d’un candidat qui vient juste de passer avec succès ses examens.


 
23. Choses inadmissibles
 Le militaire ou le villageois qui s’étudie à employer des expressions littéraires.

 

24. Impressions
 Des habits verts portés en hiver donnent une sensation de froid.
 On a la sensation qu’il y a quelqu’un de caché derrière des rideaux doubles.
 À voir des prunes on sent ses dents se ramollir.

 

27. Choses fort ennuyeuses 
Les objets étant bon marché, n’avoir pas d’argent pour les acheter. 

30. Extravagances qui frisent le dérangement mental 
Devenu un grand dadais lancer des cerfs-volants.

 

31. Inconvenances 
Lors du culte rendu aux défunts se laisser aller à faire de la musique.
 Entrer tout droit dans la chambre privée de quelqu'un.

 

32. Choses de travers
 Avoir de beaux vêtements sans savoir comment les porter.
 Se coucher tôt par une nuit de clair de lune.
 Alors que les fleurs sont belles, ne pas chanter de poèmes, ne pas emplir de vin sa coupe.
 Bien qu’ayant une nature raffinée, par paresse abandonner son œuvre.

 

33. Choses de mauvaise augure
 Soupirer sans raison.

 

42. Interdictions 
Il ne faut pas aller seul dans les ténèbres.
 

Li Yi-chan (813-858), Tsa-ts’ouan (Notes)





"Ayant perdu sa femme, triste et déçu, vieilli, il résolut alors de se retirer dans le bourg où il avait vu le jour et d’y attendre la mort en composant des livres. Il fit un ballot de tous ses documents et de ses notes, il prit la direction de Houai-tcheou mais il mourut en cours de route, à Tcheng-neou, à trois jours environ de marche de son pays natal. La date de sa mort est incertaine."

[extrait de la préface de Pascal Quignard]


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