vendredi 20 novembre 2015

Jours de couardise





Cette nuit j’ai pu dormir plus de trois heures consécutives, expérimentant enfin de nouveau ce bon vieux sommeil réparateur. Jusqu’à présent, j’étais la proie d’une terreur physique certes disproportionnée mais indubitable. J’en avais déjà une petite idée, mais j’ai pu mesurer combien j’étais lâche, ou plutôt, combien mon corps est lâche. Il n’y a pas, dans tout mon corps, le plus petit atome de courage. Du sang prêt à couler, des litres, mais du courage : peau de balle. Mardi, c’était mon anniversaire, je ne voulais rien faire que continuer à m’abrutir de joints et à regarder des séries idiotes afin de ne penser (d’ailleurs avec succès) à rien, mais j’ai finalement consenti à sortir, en début de soirée, pour boire un verre sur une terrasse du cours Julien. J’ai davantage siphonné que siroté ma piña colada (je tressautais au moindre bruit), et cela fait je n’ai eu qu’une envie : rentrer chez nous. Là, la voix d’un expert de la télé, m’exhortant à résister à la tentation du repli sur soi, me parvint déformée par les parois de ma coquille. Il avait raison, fit valoir mon hémisphère gauche, à ce train-là tu finiras dans tes ordures comme la séquestrée de Poitiers, à ce propos je te signale que tu ne t’es pas lavé depuis trois jours, ce n’est pas cette mince couche de crasse qui te protègera des impacts. Ce matin, je suis modérément angoissé et propre.



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