dimanche 9 août 2009

Or rien n’est plus charmant





[Marcel Proust à Madame Straus, fin mai 1911] 

« Je suis très malheureux de ne pas vous voir et deux ou trois autres personnes. Mais sans cela les gens me plaignent de choses qui ne sont pas si tristes et dont la plus cruelle leur semble d’être obligé de rester sans les voir. Or rien n’est plus charmant. D’autant plus que ceux que j’ai entr’aperçus le soir où je suis sorti pour aller à Saint-Sébastien m’ont paru très empirés. Les plus gentils ont versé dans l’intelligence et hélas pour les gens du monde l’intelligence, je ne sais pas comment ils font, n’est qu’un multiplicateur de la bêtise, qui l’amène à une puissance, à un éclat inconnus. Les seuls possibles sont ceux qui ont eu l’esprit de rester bêtes. »




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