samedi 2 janvier 2016

Effi encore






Theodor Fontane, Effi Briest (1894), dernier chapitre. Lu sur la recommandation post-mortem de Beckett, qui confiait l'avoir "lu pour la quatrième fois l'autre jour en versant les mêmes larmes qu'avant aux mêmes passages qu'avant", au mois de mai 1956 (Philippe Annocque me signale que Beckett fait dire à Krapp, dans La dernière bande (1958) : "Me suis crevé les yeux à lire Effi encore, une page par jour, avec des larmes encore" ; c'est dire s'il y tenait). Mes propres yeux n'ont pas su rester secs. Éric Chevillard écrivait il y a quelques jours sur son blog : "De certains romans, même si nous ne les avons pas relus depuis longtemps, nous avons conscience qu’ils continuent, inlassablement qu’ils se répètent, qu’ils recommencent, qu’ils n’en finissent pas. Savoir que le destin lamentable d’Emma Bovary inexorablement dure et la précipite encore et encore vers le suicide est une chose accablante. Fatalité sans dénouement, sans solution, sans rémission. Damnation éternelle, absolue, qui nous frappe avec elle." Je viens seulement de refermer le roman de Fontane mais je sais déjà qu'un même phénomène nous affectera, c'est le cas de le dire, la pauvre Effi et moi. 




1 commentaire:

X a dit…

Diable! Nous changeons de registre mais je sais ce que je vais lire....
"nous avons conscience qu’ils continuent, inlassablement qu’ils se répètent, qu’ils recommencent, qu’ils n’en finissent pas" : comme c'est vrai! J'ai ce sentiment aussi, en particulier avec Claude Simon....