vendredi 15 septembre 2017

Rêverie calendaire #9





Ni la naissance en 973 d’Al-Biruni, érudit persan que cette déjà vieille thèse de la révolution de la terre autour du soleil ne rebuta pas — éventuellement, éventuellement, disait-il en arabe en caressant sa barbe — avant qu’elle ne s’éclipse pour quelques siècles, et qui explora l’Inde dès les années 1008, ni celle de Marco Polo, qui comme on sait explora l’Inde, ni même celle de Jean Renoir (qui, ça alors, explora l’Inde) ne disculpent tout à fait le 15 septembre de sa très grande faute, commise il y a soixante-douze ans dans la soirée, sur la personne d’un explorateur également, et comme il y en eut peu, mais d’une Inde musicale, ni la révélation d’Agatha Christie, ni la première sortie de Fausto Coppi, ni le premier cri de Jessye Norman ne rachètent complètement le dernier cigare d’Anton von Webern, aux abords d’une maison tyrolienne, la guerre était finie, derrière lui son nazi de beau-fils traficotait avec des soldats yankees — le marché noir était juteux — dont un certain Raymond Norwood Bell, un cuisinier qui n’avait jamais tué personne et ce soir-là était nerveux, et voilà, il sort dans l’ombre, il entend du bruit, il ne sait pas qu’Anton est là qui souffle un peu, on peut encore voir sur le mur les trois trous qu’il y fit, pour Anton un seul a suffi.




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