mercredi 13 septembre 2017

Rêveries calendaires #6 et #7





Le 12 septembre est un bon jour pour livrer bataille (celle de Marathon dans les guerres médiques, de Vienne contre les Turcs au dix-septième, du Mexique contre l’Amérique à Chapultepec, en 1847) ou découvrir la grotte de Lascaux, déposer le brevet du caoutchouc synthétique, promettre à son pays de marcher sur la lune. Ce jour-là, dans les années 40, naissent Barry White et Michel Drucker. Ce jour-là, dans les années 2000, meurent Claude Chabrol et Johnny Cash. Selon Fabre d’Églantine, le poète qui nomma les jours du calendrier révolutionnaire, assisté par un jardinier, c’est celui de la bigarade, une variété d’orange amère.




Une page de "Un autre monde" de Grandville, 1844) 



Le 13 septembre, toujours selon Fabre, est le jour de la verge d’or, une plante à fleurs jaunes, mais on peut penser à autre chose car il naît ce jour-là, en effet, des gens tout à fait estimables. 
Jean Ignace Isidore Gérard, par exemple, dit Grandville, génial illustrateur et caricaturiste né à Nancy et mort à Vanves ; Clara Wieck, pianiste virtuose, qui a huit ans et joue déjà très bien quand elle rencontre Robert Schumann, qu’elle épousera treize ans plus tard ; Arnold Schönberg, qu’on ne présente plus, et deux ans après Sherwood Anderson, qu’on ne lit plus guère (on a bien tort) ; Roald Dahl, dont l’ascenseur de verre multidirectionnel m’a fait rêver enfant et grâce à qui l’on sait qu’un crime parfait nécessite un poulet congelé ; Zoila Augusta Emperatriz Chávarri del Castillo dite Yma Sumac ou encore la Castafiore inca, dont la voix couvrait quatre octaves (et un huitième) ; Mel Tormé, crooner suavissime ; Jacqueline Bisset, la Tatiana du Magnifique de De Broca et l’Yvonne du Volcan d’Huston. 
On fauche aussi de belles moissons le 13 septembre : deux massifs par exemple bornant le seizième siècle, Mantegna et Montaigne ; mon chouchou Chabrier, musicien auvergnat — notre grand-père à tous, s’exclama Stravinsky — selon qui il y avait deux sortes de musique, la bonne et celle « que c’est pas la peine » ; Leopold Stokowski, le chef de Fantasia, qui servit l’une et l’autre pendant près de soixante-dix ans ; et enfin l’acteur Roland Blanche, à qui le cinéma français confia pendant vingt ans le rôle d’un type à la fois louche et moite.







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