mercredi 4 mars 2015

Difficultés premières et secondes




“À un moment, après une pause dans la conversation, De Quincey et Burton reprirent la parole simultanément et Burton, bien sûr, s’interrompit aussitôt. De Quincey ne voulut pas l’y autoriser et, après une longue joute de civilités, De Quincey l’emporta en faisant le marché que, lorsque Burton aurait dit ce qu’il avait à dire, il voudrait bien énoncer la remarque qu’il était sur le point de faire. Burton s’exécuta donc, puis pria De Quincey de parler à son tour. Mais cette fois, l’oubli avait enfoui ce qu’il avait en tête, ce qui l’amena à se lancer dans une amusante lamentation sur son idée perdue, déclarant qu’il ne pouvait affirmer qu’une chose, à savoir qu’elle était assurément brillante et originale et qu’elle aurait pu jeter quelque lumière sur l’une des grandes questions qui embarrasse l’humanité. Jusqu’à présent, et pour le malheur durable de cette même humanité, son étincelle s’est à jamais éteinte.” 




“Tout comme Coleridge qu’on avait du mal à faire parler puis à arrêter, une fois lancé, la première difficulté pour De Quincey était de le convaincre de vous rendre visite et la seconde de le réconcilier avec l’idée du départ.” 


John Ritchie Findlay, Les derniers jours de Thomas de Quincey 
(Personal Recollections of Thomas de Quincey, 1886)




2 commentaires:

X (Michèle F.) a dit…

Alors il me faut lire cela, moi qui ai lu "Les derniers jours d'Emmanuel Kant" (ainsi que "Les Confessions d'un mangeur d'opium anglais").

Didier da Silva a dit…

C'est un ouvrage très court mais tout à fait charmant. Ne pas se fier au titre français, c'est plus un recueil d'aimables souvenirs que le récit d'une agonie…