mardi 17 mars 2015

La deuxième exigence préalable






« Qui gagne autant ? : tout écrivain vraiment bon ! – Qui ne compte pas sur au moins 1 million de lecteurs, ne devrait même pas commencer à écrire. » affirma-t-il [1], tout Eckermann et malice triomphale. / Je l’observai un moment ; m’étirai aussi le menton avec la main droite : vais-je le foutre à la porte ? […] Mais quand même, le contrer rapidement : « Avec ce flou qui vous est propre, vous avez omis d’ajouter la deuxième exigence préalable : dans le cas d’un “vraiment bon” écrivain, il faut que ce “1 million de lecteurs” se répartisse sur les 500 ans qui suivent la parution de son livre. Non moins que cette troisième : il faut que votre “million” se compose successivement des meilleurs de la nation ; et non pas d’enfants, de jeunes en uniformes, de vieilles peaux cacochymes et d’autres trous du cul. » (Pigé ?! – Mon “ton” ne lui plaisait pas du tout ; on le voyait clairement : hé quoi, le sien non plus ne me convenait pas ! Pourtant je vous demande : qui de nous deux avait raison ?). 


[1] Johann Wolfgang von Goethe, suite au coup de fouet de l’incipit (« Enfin, on avait réussi à ramener les morts à la vie ») qui permet ce dialogue à Schmidt.


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