lundi 9 juillet 2018

Rêverie calendaire #306







Le 9 juillet 1709, Alexis Piron eut vingt ans ; peu de temps après, au printemps sans doute, il composa en quelques heures, pour faire marrer un ancien du collège, une assez longue Ode à Priape, seize dizains pleins de vits et de cons que l’ami indiscret ébruita dans Dijon, qu’il fut obligé de renier pour éviter de sérieux ennuis et qui, dépoussiérés par des rivaux plus de quarante années plus tard, alors que, devenu un auteur dramatique et un chansonnier à succès, il briguait un fauteuil quai Conti, réduisirent à néant, malgré quelques appuis, ses prétentions à l’immortalité de son vivant. Le quatrième dizain disait par exemple : 

De fouteurs, la fable fourmille : 
Le Soleil fout Leucothoé, 
Cyrine fout sa propre fille, 
Un taureau fout Pasiphaé ; 
Pygmalion fout sa statue, 
Le brave Ixion fout la nue ; 
On ne voit que foutre couler : 
Le beau Narcisse pâle et blême, 
Brûlant de se foutre lui-même, 
Meurt en tachant de s’enculer. 

À tout prendre, ces vers de jeunesse n’ont rien perdu de leur fraîcheur ; on ne peut pas en dire autant des comédies du pauvre Alexis, parfaitement tombées dans l’oubli : c’est grâce à l’ode tant regrettée dans sa vieillesse impécunieuse qu’on se souvient encore de lui. 

Un 9 juillet naquit également Pierre Perret, qui lui aussi devrait rester grâce au zizi. 



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