samedi 20 septembre 2008

Un sermon se fait avec des sons




« La secte Fuke du bouddhisme zen, dont l’origine est très obscure, a contribué au développement du shakuhachi en assimilant le répertoire du hitoyogiri, qui a fini par devenir celui du seul shakuhachi. Il semble que des rônin, guerriers privés de maître, se soient regroupés en une pseudo-secte religieuse pour échapper au contrôle du gouvernement des Tokugawa. Ils auraient ainsi amalgamé la légende de Fuke, moine zen du IXe siècle qui demandait l’aumône en agitant une clochette, et la coutume japonaise des moines itinérants, komosô, qui mendiaient en jouant du shakuhachi. Toujours est-il qu’ils prennent le nom de komusô et se donnent pour des moines zen, en quête de la vacuité absolue ou kôku, au-delà des sons musicaux du shakuhachi (...) assimilant la pratique instrumentale à la pratique de la méditation. En 1670, la secte Fuke obtient la protection du gouvernement des Tokugawa et le shakuhachi devient ainsi l’apanage des komusô. Ces moines itinérants répandent des devises telles que : “la religion, c’est la musique”, “le souffle de la flûte est la voix de l’illumination", ou encore “un sermon se fait avec des sons”. »

 

Akira Tamba (notice du CD L’art du shakuhachi, Ocora Radio France, 1997)





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