jeudi 29 janvier 2009

Choses exquises


Se promener dans une ville inconnue. Le pralin. La tarte aux myrtilles. Lire la dernière phrase d’un livre. Les orages violents. Les pluies diluviennes. Les brumes à couper au couteau. Les hurlements de Peter Sellers (et de Leslie Nielsen). Le crissement de la neige. Le tournedos Rossini. Le vol des étourneaux. Les pulls informes de Gilles Deleuze. La pleine lune. Le turrón. Le fruit de la passion. Les coïncidences. Le jardin des Tuileries. Le thé au riz grillé. Le début de la passacaille du Trio de Ravel (Ravel). Les paradoxes temporels. Le musée Gustave Moreau. La voix de Jean Echenoz. La voix de Claude Rich. Être le premier levé. La séquence des vélos volants dans E.T. Déchiffrer une partition trouvée par hasard. Essayer un piano. Déchiffrer des pierres tombales. Dévaler une pente à vélo au soleil couchant. L’acidité. La Via Appia au printemps. Les excursions à l’improviste. S’endormir. Chanter en marchant (le plus souvent l’Air de la Princesse de L’enfant et les sortilèges, atrocement faux (Ah ! Si j’avais une épée !)). Les passages de frontière. Les préludes non mesurés. Acheter un livre. Le saké chaud. Porter les vêtements d’un ami. Les lits à la montagne (aussi épais que le silence autour). Les lapsus. Tapiola. À la campagne, l’été, fumer un joint en guettant les étoiles filantes. Lire à voix basse Le Misanthrope. Le moment où les lumières s’éteignent dans un salle de cinéma (et celui où elles se rallument dans un théâtre). L’accent italien et l’accent québécois. Le feu dans l’obscurité. La peau d’un Noir (contre la mienne). Les tables d’orientation. Les objets petits et lourds. Les lucioles. Le porto. L’odeur des caves humides. La distinction de Paul Meurisse. Le point d’orgue avant la cadence. Les saules pleureurs. Le conditionnel chez Maeterlinck. Les photos ratées. Les pique-niques. Les cheveux très fins. Les croissants au beurre tièdes. Seul à la maison (Satie ; et le do bécarre dissonant à la fin de la Mort de Socrate). L’agrément inattendu (Villiers). Les balades à cheval. À l’arrière d’une moto, le soir, à Paris. Le goût terreux du guarana (et son effet). Le Cahier rouge de Benjamin Constant. Les valses. Les lacs. De légères ambiguïtés (dans les phrases). Demain matin. Un vinyle chuintant d’Art Tatum. La fluidité des événements. (etc.)


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