samedi 10 octobre 2015

Le goût des banquets et des fêtes





Mahler et moi (1), nous avons passé beaucoup de temps ensemble. La maladie de cœur qui venait de se révéler le contraignait à mener une vie ascétique et il n'avait de goût ni pour les banquets ni pour les fêtes. Un lien s'est créé entre nous au cours de plusieurs promenades, durant lesquelles nous nous sommes entretenus des grands problèmes de la musique, de la vie et de la mort. Lorsque nous en sommes venus à parler de l'essence de la symphonie, je lui ai dit que le principal était la sévérité du style, et la logique profonde qui reliait entre eux, d'un fil secret, tous les motifs. Telle était l'expérience que j'avais acquise au cours de mon travail créateur. Mahler, quant à lui, a exprimé une conception tout à fait inverse : "Non, non, il faut qu'une symphonie soit comme le monde. Elle doit tout inclure."

(1) Jean Sibelius, cité par son premier biographe



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