mercredi 24 septembre 2014

Vieil empire





Je lis une Histoire de la Chine. À l’époque des royaumes combattants, vers le troisième siècle avant Jésus-Christ, le pays de Ts’in, en l’espace d’une soixantaine d’années, coupa ou fit couper un million cent trente-deux mille têtes (calcul maison). Remettant en honneur les pratiques cannibales de l’humanité primitive, les chefs, pour accroître leur prestige, n’hésitaient pas à jeter l’ennemi vaincu dans des chaudières bouillantes et à boire cet horrible bouillon humain, mieux encore, à obliger à en boire les parents de leur victime. Je ne sais pas à quoi ça tient, mais leur théorie des couleurs, à propos des nombres, me convainc davantage que les voyelles d’Arthur : 1 noir, 2 rouge, 3 vert, 4 blanc, c’est l’évidence même. Rimbaud retient le bleu et oublie le jaune, ce que les Chinois se gardent de faire (c’est le 5, la terre, le centre). Le noir c’est le nord et le vert c’est l’est. Cent ans sont l'extrême limite de la vie humaine, rumine Yang-tseu entre deux guerres, l'enfance portée sur les bras et la décrépitude radoteuse en occupent la moitié. La maladie et la douleur, les pertes et les peines, les craintes et les inquiétudes remplissent le reste. Qu'est-ce que la vie de l'homme, quel en est le plaisir ? Cependant, un brin d'herbe vaut l'univers ; le tao est dans la fourmi, dans la brique et dans l’excrément, mais le tao qui peut être nommé n’est pas le tao véritable.



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