samedi 17 janvier 2015

Sorti de là





On verra bien, disais-je. C’est difficile de voir. Concrètement, cet élan bouleversant de bienveillance et de fraternité dont j’ai été saisi comme tout un chacun, semblait-il, dimanche dernier, ne trouve pour moi à s’exercer que sur les caissières du Super U, ma pharmacienne, mon buraliste. Je leur souris de toutes mes dents, et c’est avec grâce que je fais la queue à la boulangerie. De retour dans mon immeuble, je tiens la porte à la clientèle de l’orthophoniste du premier avec une patience d’ange. Sorti de là, que faire ? 

J’ai lu Soumission de Michel Houellebecq. C’est un livre qui remue la merde, à feu doux, dans une petite marmite en fonte, avec une vieille cuillère en bois. Ça se lit comme son héros baise, “sans fatigue et sans joie”. À l’instar de son auteur, je ne suis pas sûr d’avoir l’énergie d’en penser quelque chose. 

Pouvoir de la musique ou pouvoir de la mort ? N’importe quelle musique, pendant un enterrement, tirerait des larmes, se dit-on d’abord pour se dédouaner, puis on en imagine quelques autres, et en fait non.



1 commentaire:

Legros JC a dit…

Oser ne pas penser... n'est-ce pas là une grande sagesse?