vendredi 6 avril 2018

Rêverie calendaire #212









Deux morts romains bornent le 6 avril, à vous tirer des larmes : le pauvre Raphaël, orphelin à onze ans, que la malaria tua le jour même de ses trente-sept ans, en 1520 ; en 2007, Luigi Comencini, dont le terrible Incompreso (en 66, cinq ans avant qu’un œdème pulmonaire coupe le sifflet à Stravinsky) imbiba maint kleenex. 

Mais revenons à la Renaissance, bien mal nommée en l’occurrence puisque huit ans après le peintre d’Urbino c’est un autre peintre de première grandeur, allemand celui-là, qui meurt à Nuremberg, en Bavière, où il était né, le décisif Albrecht Dürer. 

Trois siècles passent et naît Gustave Moreau, qui fêtera ses trente-quatre ans quand paraîtra René Lalique ; le 6 avril, artistiquement, semble évoluer vers le bibelot, une décadence exquise, ce serait oublier, deux ans après celle dans la Marne du bijoutier et maître verrier, la naissance à Paris du furibond Georges Darien, écrivain anarchiste, puis celle de Tadeusz Kantor, à Wielopole, en 1915, lequel aurait soixante-dix ans et encore cinq années à vivre lorsqu’il créerait à Avignon Qu’ils crèvent, les artistes — ce qu’ils comptaient bien faire de toute façon, incompris ou non.




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