mercredi 20 juin 2018

Rêverie calendaire #287



Rien n'aura eu lieu que le lieu.







Le 20 juin 1756, le nawab du Bengale, Sîrâj ud-Daulâ, fait ouvrir les portes de la salle des gardes du Fort William, à Calcutta, où il aurait fait entrer la veille pas moins de 146 soldats britanniques — tous, à peu près, sont morts et leur masse déjà puante, il fait une chaleur à crever, s’écroule aussitôt sur le pavé, comme dans un dessin animé.

Ladite salle, située dans le donjon du fort, mesurant huit mètres sur six, on se demande comment il s’y est pris et on subodore la fake news (à l’heure actuelle les historiens non-anglophones s’accordent à dire qu’elle n’a pas même un fond de vérité), mais l’Angleterre choquée ne mit pas en doute une seconde le récit d’un seul « survivant », John Zephaniah Holwell, se passionnant pour lui grâce, notamment, au petit nom très suggestif que l’on donna à ce bourrage sadique, « The Black Hole of Calcutta » ; et ce trou noir, ressassé à l’envi, à chaque reprise plus effroyable, justifierait dans la suite des temps les horreurs, elles bien réelles, de l’anglaise colonisation, des gens capables de faire ça ne méritaient aucune pitié.



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