vendredi 12 novembre 2010

La faiblesse d'arguments




F. Mompou, Musica callada, XXII. Molto lento e tranquilo.



"


Ce que j’aime, ce qui me touche, c’est la beauté non reconnue, c’est la faiblesse d’arguments, c’est la modestie." 

Francis Ponge 
 



"Ce n’est point une nécessité qu’il y ait du sang et des morts dans une tragédie ; il suffit que l’action en soit grande, que les acteurs en soient héroïques, que les passions y soient excitées, et que tout s’y ressente de cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie […] 
Il n’y a que le vraisemblable qui touche dans la tragédie. Et quel vraisemblance y a-t-il qu’il arrive en un jour une multitude de choses qui pourraient à peine arriver en plusieurs semaines ? Il y en a qui pensent que cette simplicité est une marque de peu d’invention. Ils ne songent pas qu’au contraire toute l’invention consiste à faire quelque chose de rien, et que tout ce grand nombre d’incidents a toujours été le refuge des poètes qui ne sentaient dans leur génie ni assez d’abondance, ni assez de force, pour attacher durant cinq actes leurs spectateurs par une action simple, soutenue de la violence des passions, de la beauté des sentiments et de l’élégance de l’expression […] La principale règle et de plaire et de toucher. Toutes les autres ne sont faites que pour parvenir à la première."  

Jean Racine, Préface de Bérénice (1670)


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