vendredi 1 mai 2015

Encore une affaire d'estomac




« Nous sommes O et cela nous terrifie, d’où le besoin de porter comme des verres fumés, mais tournés au dedans de nous, afin de réduire l’éclat du dehors et nous permettre de nous dissimuler. O est le Réel. Ce que nous croyons vivre est une simple “réalité virtuelle” – une réalité devenue “vertueuse” (“lavée”) grâce aux multiples réfractions de nos fantasmes, de notre imagination, des illusions, des symbolisations, toutes choses qui finalement nous laissent avec un “réel” cuisiné, accommodé, assimilable par notre pauvre et faible capacité de digestion. » 

James Grotstein, Un rayon d'intense obscurité. Ce que Bion a légué à la psychanalyse [2007, traduction inédite arrangée par moi-même]

[Ces quelques lignes originellement en anglais tirées d'un livre qui devrait paraître en français l'année prochaine occupent une note de bas de page dans un ouvrage traduit de l'italien que je corrige en ce moment (vous suivez ? prenez donc du bicarbonate), mais malgré toutes ces réfractions elles m'ont quand même paru lumineuses. Wilfred Ruprecht Bion est un médecin né dans l'empire des Indes, pionnier de la psychanalyse de groupe, qui en 1932, à la Tavistock Clinic de Londres, eut pour patient un certain Samuel Beckett.]

1 commentaire:

Legros JC a dit…

Sans doute Clément Rosset a-t-il puisé dans cet ouvrage!