samedi 2 mai 2015

Pousser un cri





Être horripilé par les litanies d'infinitifs. Le dire. Les vouer aux gémonies. Ne pas en comprendre l'increvable succès. S'en désoler. S’endormir infailliblement quand on sent venir la rengaine. S’assoupir en tant que lecteur comme à la messe. Regarder l’auteur s’enivrer avec cet alcool bon marché. Avoir envie de lui donner une pièce pour qu’il s’achète un précis de grammaire. Désirer lui ouvrir les yeux sur la beauté des phrases construites sur autre chose que cette morne pile. Se jurer d’en proscrire à jamais de ses pages la solennité robotique. Plutôt mourir qu’en reconduire ad vitam l’emphase neutre. Mourir plutôt qu’enfoncer ces clous.


2 commentaires:

X a dit…

J'ai le même à la maison, j'ai été quasiment élevée à ce lait-là.... (qu'est-ce que c'est que cette rigolade pour prouver qu'on n'est pas un robot? On se croirait à Questions pour un champion) Pardon, Didier.

PhA a dit…

Ou alors : http://hublots2.blogspot.fr/2010/08/admettre-de-devoir-saventurer.html