mardi 23 janvier 2018

Rêverie calendaire #139



Le Garçon à la bulle de savon (1867), détail




Le 23 janvier 2000, dans l'oasis de Tozeur, en Tunisie, aux portes du désert, un événement d'ordre publicitaire a lieu qui mobilise deux cent cinquante poulets et trente moutons (un tas de cuisses, un tas d'ailes, un tas de pilons, etc.), huit cent cinquante kilos de légumes et deux tonnes de semoule, tous invités à colloquer, sous l'œil d'un huissier du Guiness, dans un couscoussier de cinq mètres de haut et de deux mètres de diamètre ; la plus torturante des faims n'inspira jamais, sans doute, au bédouin égaré, mirage si délirant et pourtant certifié. On ne sait pas si c'était bon. Quarante ans plus tôt jour pour jour, dans la Fosse des Mariannes, le bathyscaphe Trieste touchait réellement le fond, c'est-à-dire le plus bas et le plus obscur ici-bas, pas tout à fait onze kilomètres au-dessous du niveau de la mer ; on le pensait un Sahara mais des êtres vivants s'y trouvent, inconscients de battre des records. Stendhal avait quarante-neuf ans lorsque naissait Édouard Manet ; Eisenstein a trente ans lorsque naît Jeanne Moreau ; pour les six ans de Georg Baselitz, Edvard Munch meurt ; Samuel Barber précède de huit ans Salvador Dali dans la tombe.




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