samedi 27 janvier 2018

Rêverie calendaire #143









« Si mes patients étaient tous aussi sains que vous, je serais au chômage », déclara le médecin avec un bon sourire, lors d’un contrôle de routine, à un certain nombre de ses patients peut-être mais sans doute sincèrement à l’acteur d’origine indienne Sabu Dastagir, qui était né un 27 janvier en 1924 et avait été, à treize ans, l’Elephant Boy de Robert Flaherty, avant de cartonner à seize grâce au Thief of Bagdad puis de camper, deux ans après, un irrésistible Mowgli dans le Jungle Book de Zoltan Korda, oui, « I would be out of job » avait plaisanté l’homme de l’art, tant le beau Sabu incarnait la vigueur, la santé, un jeune dieu à la peau dorée, deux jours à peine avant qu’une crise cardiaque, à Los Angeles où sa carrière stagnait, ne l’arrachât soudain à l’affection des siens ; deux mois plus tard, il avait quarante ans ; l’éternelle jeunesse se paie cher. 

Il y avait un précédent : Mozart aussi, né un 27 janvier, était mort dans les premiers jours de décembre. Et il avait vécu cinq ans de moins : sa santé n’était pas aussi bonne. 

Ce jour-là pourtant, l’éternelle jeunesse peut mourir nonagénaire, puisque que c’est un 27 janvier, en 2010, que rendit l’âme Holden Caulfield, ou plutôt J. D. Salinger.





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