lundi 5 mars 2018

Rêverie calendaire #180



Louche en ruolz.





Le 5 mars 1808 naît à Paris le comte Henri de Ruolz, qui fait des études de chimie tout en prenant des leçons de musique auprès de Rossini (il se rêve en touche-à-tout génial, homme de la Renaissance), donne à vingt-deux ans un opéra-comique, Attendre et courir [sic], que la critique du temps juge « faible et commun sous tous les rapports », persiste un temps dans cet art (La Vendetta, 1839) puis, rendu pragmatique (la fortune familiale n’était plus ce qu’elle était), se rabat sur ses fioles et invente un alliage de cuivre, de nickel et d’argent, le ruolz, qui connaît rapidement un grand succès dans la joaillerie, les arts de la table et, tandis qu’il compose en secret, lui apporte enfin la célébrité — on trouve des couverts en ruolz chez les Goncourt ou chez Jules Verne, une « altesse en ruolz » chez Hugo, autant dire en toc, on le signale encore dans Les Beaux Quartiers d'Aragon puis le ruolz périclite, quant à la Cantate en l’honneur de Jeanne d’Arc, quant à Lara, quant au Requiem, plus personne n’en a rien à secouer depuis des lustres

Au 5 mars est toutefois lié un musicien moins oxydable : en 53, Prokofiev meurt.






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