mercredi 7 mars 2018

Rêverie calendaire #182










Au début du quatrième siècle, dans l’Empire romain, le culte assez récent du Sol Invictus, c’est-à-dire du Soleil Invaincu — un reboot d’Apollon — est bien établi, surtout dans l’armée (on sue plus gaiement sous son barda quand on participe ainsi d’une gloire divine, en outre un général galvanisant ses troupes peut le prendre à témoin rien qu’en levant la main, avec une belle ombre portée, et enquiller les métaphores les yeux fermés), on a fixé, solstice oblige, sa date de naissance au 25 décembre et dans la foulée, le 7 mars 321, l’empereur Constantin 1er édicte, pour l’honorer, une loi faisant du dimanche un jour chômé : voilà, la grille est posée, il n’y aura plus pour les Chrétiens qu’à modifier les noms et les attributions, opérations somme toute secondaires. 

Un peu moins d’un siècle plus tôt, dans la Haute Mésopotamie alors sous domination parthe, Hatra était déjà une ville fantôme ; pendant un bon moment pourtant furent splendides et incontournables ses temples dédiés à Shamash, le Dieu-Soleil, sur un plateau aride nanti d’un seul cours d’eau, mais sur la route des caravanes, on y avait à l’aise repoussé les Romains et il en demeurait quelques belles ruines qui avaient encore fière allure, le 7 mars 1985, lorsque se répandit sur la planète le lénifiant single We are the World, mais qui ne surent pas résister, exactement trente ans plus tard, le 7 mars 2015, à la dynamite et au bulldozer de l’État Islamique.  

Il n’en reste que des images, grâce au soleil et plus précisément au « procédé héliographique », premier des noms de la photographie, que mit au point Nicéphore Niépce, né il y avait deux siècles et demi, le 7 mars 1765, à Châlons-sur-Saône — cent dix ans tout juste avant que Ravel ne naisse à Ciboure, lui qui saurait mieux que personne traduire en musique le Lever du jour.




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