mercredi 21 mars 2018

Rêverie calendaire #196










C’est un 21 mars, en 1685, que naît Bach, c’est-à dire celui des nombreux Bach s’étant illustrés dans la musique qui s’y distingua suffisamment pour qu’il n’y ait pas de confusion quand on prononce seulement son nom, condamnant de fait tous les autres à l’humiliation d’un prénom, et pendant plus d’un siècle et demi aucun compositeur ne s’avise de naître ce jour-là, il fallait l’audace d’un autodidacte et le sans-gêne d’un Russe pour rompre le charme et c’est en 1839 que comme un chien dans un jeu de quilles déboulait Moussorgski, dont le prénom pourtant est Modeste, un artiste est fait de contradictions. 

Quand il atteignit — ça ne durerait pas — l’âge de raison, en 1846, Adolphe Sax au même moment faisait breveter le saxophone, auquel Ravel en 1922 confierait, à l’alto, la mélancolie du Vecchio Castello, le deuxième des Tableaux d’une exposition ; trois ans plus tard, le 21 mars 1925, un gratin monégasque qui ne le méritait probablement pas découvrait avant tout le monde L’Enfant et les sortilèges, dont l’instrumentarium ignore le saxophone au profit de l’éoliphone, de la crécelle à manivelle, de la râpe à fromage frottée avec une baguette de triangle, du fouet, du wood-block, des crotales, du luthéal — toute cette joyeuse quincaillerie s’effaçant, à la fin, devant une fugue à faire pleurer les pierres que n’aurait pas reniée Jean-Sébastien.




1 commentaire:

  1. (il est élégant, toujours, le Maurice) (la façon de tenir son stylo rappelle le livre que lui consacrait Echenoz ou bien ?)

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