lundi 12 mars 2018

Rêverie calendaire #187













« Aujourd’hui est une journée magnifique, nous sommes dans le meilleur des esprits et nous avons de grands espoirs pour l’avenir. Ne t’inquiète pas, ma fille, tout ira bien. » 

C’est une jeune femme née en Pologne un 12 mars en 1912 qui écrivit ces mots l’été de ses trente-et-un ans, deux semaines avant sa déportation à Auschwitz ; là, elle prendra part à la conspiration du Sonderkommando, qui aboutira, à l’automne 44, à l’explosion du crématoire IV ; début janvier suivant — deux semaines avant l’évacuation du camp — elle était pendue avec trois autres femmes tenues pour responsables de ce haut fait ; longuement torturée, Ala Gertner n’avait pas parlé, et de notre point de vue ses derniers mots demeurent, pour l’éternité : 

« Aujourd’hui est une journée magnifique, nous sommes dans le meilleur des esprits et nous avons de grands espoirs pour l’avenir. Ne t’inquiète pas, ma fille, tout ira bien. » 

Mots poignants sans doute dans n’importe quel contexte, pour peu que leur encre ait séché ; il n’y a pas d’espoir au passé.




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