jeudi 1 février 2018

Rêverie calendaire #148









Une navette spatiale, on l’a vu, peut exploser en décollant,  elle peut aussi se désintégrer au retour, en revenant dans l’atmosphère, par la faute d’un morceau de mousse isolante (l'instant d'avant) se détachant à l’improviste, ce qui semble déjà moins cruel : les morts — rapidement portés dans leurs derniers instants sans bouclier thermique à la température de mille cinq cents degrés — auront profité du voyage. Ce sont encore sept astronautes (et encore cinq hommes et deux femmes) que la Nasa sacrifie ainsi, saupoudrés cette fois au-dessus du Texas ; on retrouve cependant des bouts de Columbia jusqu’en Louisiane. 

Un an plus tard, le 1er février 2004, le rituel de la lapidation des stèles de Satan, à Mina (Arabie saoudite) donne lieu à une bousculade qui fait à peu près trois centaines de victimes, ce qui forme une espèce de rituel dans le rituel puisque la chose s’était déjà produite dans des proportions comparables en 1990, 1994, 1998 et se reproduira en 2005, 2006 et 2015 : on ne s’arrache pas moins douloureusement à l’attraction du mal qu’à l’attraction terrestre.



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