mardi 20 février 2018

Rêverie calendaire #167











Le 20 février 1988, au lendemain de la mort de l’auteur de Fureur et Mystère et tandis que, d’une mère comptable et d’un père alcoolique et cocaïnomane, Rihanna naît à La Barbade, les pluies torrentielles qui s’abattent sur Rio font annuler leur défilé à plusieurs écoles de samba : nous sommes en effet en plein carnaval, dont le thème cette année-là est le centenaire — avec un peu d’avance, c’est en mai 1888 que la princesse Isabel, profitant d’un séjour en Europe de l’empereur Pierre II, son père, la promulguait — de la fin de l’esclavage au Brésil (lequel fut, d’ailleurs, le dernier pays dit civilisé à s’y faire). 

Or un autre centenaire tombait pile ce jour-là, alors que des glissements de terrain et des inondations faisaient près de trois cents victimes et condamnaient douze mille Cariocas à dormir à la belle étoile : celui de la naissance de Georges Bernanos, qui cinquante ans plus tôt, en 1938 — juste après avoir fait paraître ses Grands cimetières sous la lune et dix ans avant qu’il ne meure d’un cancer du foie — débarquait à Rio ; le « Comité de la France libre du Brésil » y publierait les premières versions de ses derniers livres, Monsieur Ouine et La France contre les Robots. Certes, ça ne donne pas tellement envie de danser.




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