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samedi 2 janvier 2016

Effi encore






Theodor Fontane, Effi Briest (1894), dernier chapitre. Lu sur la recommandation post-mortem de Beckett, qui confiait l'avoir "lu pour la quatrième fois l'autre jour en versant les mêmes larmes qu'avant aux mêmes passages qu'avant", au mois de mai 1956 (Philippe Annocque me signale que Beckett fait dire à Krapp, dans La dernière bande (1958) : "Me suis crevé les yeux à lire Effi encore, une page par jour, avec des larmes encore" ; c'est dire s'il y tenait). Mes propres yeux n'ont pas su rester secs. Éric Chevillard écrivait il y a quelques jours sur son blog : "De certains romans, même si nous ne les avons pas relus depuis longtemps, nous avons conscience qu’ils continuent, inlassablement qu’ils se répètent, qu’ils recommencent, qu’ils n’en finissent pas. Savoir que le destin lamentable d’Emma Bovary inexorablement dure et la précipite encore et encore vers le suicide est une chose accablante. Fatalité sans dénouement, sans solution, sans rémission. Damnation éternelle, absolue, qui nous frappe avec elle." Je viens seulement de refermer le roman de Fontane mais je sais déjà qu'un même phénomène nous affectera, c'est le cas de le dire, la pauvre Effi et moi. 




jeudi 10 décembre 2015

Les Années Godot (morceaux choisis)


Achevé hier le deuxième volume récemment paru des lettres de Samuel Beckett. Vivement le troisième… 


"[…] le paysage ne laisse rien à désirer, la nourriture laisse tout à désirer. […] Ai eu des entretiens prolongés avec les Gendarmes du coin, dans leur caserne à 10 km d'ici. Ai raconté mon histoire presque jour après jour depuis que j'ai mis le pied en France. Ils n'arrivent pas à croire que je puisse m'appeler Samuel et ne pas être juif." 
[Vaucluse, octobre 1942] 



[à Thomas MacGreevy, 4 janvier 1948]


"L'erreur, la faiblesse tout au moins, c'est peut-être de vouloir savoir de quoi on parle. À définir la littérature, à sa satisfaction, même brève, où est le gain, même bref ? De l'armure que tout ça, pour un combat exécrable." 
[à Georges Duthuit, 11 août 1948] 

"Pardonne-moi maintenant et toujours toutes mes stupidités et blancheurs, je ne suis d'un être qu'une toute petite partie, des vestiges se haïssant, des restes d'une vieille envie, quand j'étais petit, d'arrondissement, même à petit rayon. Ça vous enferme toute la vie. Et on pousse en vain vers l'absence de figure. " 
[à Georges Duthuit, 12 août 1948] 



[à Georges Duthuit, 2 mars 1949]


"Il s'agit seulement de s'entendre sur le domaine où l'on ne vaut rien. On ne risque guère d'en exagérer l'étendue." 
[à Georges Duthuit, printemps 1949] 



[à Georges Duthuit, printemps 1950] 


"Pour M[ercier] et C[amier] je suis désolé que vous preniez ça au sérieux. Je ne pourrais vraiment pas supporter que ce texte soit divulgué de mon simili-vivant. Il peut toujours avoir sa place, si vous y tenez, dans un volume à intituler Merdes Posthumes, avec tous les faux départs par exemple (pas à confondre avec les textes pour rien) et ceux à venir (j'en ai déjà un autre en bonne voie). L'idée de Watt déjà m'empourpre jusqu'aux os. Si on le réservait aussi pour les M. P. ?" 
[à Jérôme Lindon, 20 janvier 1954] 

"Si vous avez d'autres questions à me poser comportant des réponses précises, je suis à votre disposition. Mais quant à dire qui je suis, d'où je viens et ce que je fais, tout cela dépasse vraiment ma compétence." 
[à un éditeur allemand, 17 février 1954] 

"Voilà comment va la vie, avec une grande ingratitude pour cette magnifique chose qu'est le fait de pouvoir se lever et quitter sa place, même si c'est seulement pour faire quelques tristes pas." 
[à Pamela Mitchell, 27 août 1954] 




"Je suis très touché par son offre [celle du producteur américain de Godot] de payer mes frais de voyage à New York […] Je ne veux pas dire catégoriquement oui ou non maintenant, insuffisamment empalé sur les cornes du vieux dilemme. Je suppose hélas que ce sera non comme d'habitude. Si je devais seulement donner un coup de main au metteur en scène, sans le gêner ni le laisser me gêner, et être exempté d'interviews, de journalistes, de réponses stupides à des questions stupides et autres misères du même genre, alors j'envisagerais très sérieusement d'y aller. Mais il est évident que je ne peux accepter une offre si généreuse pour ne pas faire ce qu'on attend de moi. S'il y a une chose que je suis incapable de faire c'est parler de mon œuvre, ou l'"expliquer", sauf peut-être en buvant la troisième bouteille avec un ami indulgent."
 
[à Barney Rosset, 12 novembre 1955] 

"Peu de chances, je le crains, que j'écrive mes mémoires. J'ai moins de souvenirs que si j'avais six mois." 
[à un éditeur anglais, 27 février 1956] 

"Ne vous désespérez pas, branchez-vous bien sur le désespoir et chantez-nous ça." 
[à Robert Pinget, 8 mars 1956] 

"Je me sens vieux comme la Maison Usher. L'électrophone répand son baume. Cette semaine nous écoutons la Dichterliebe et la Winterreise. Voilà ce que sont nos transports." 
[à Barney Rosset, 1er août 1956]


 



"Vivement 57, et 67, et 77, après ça ira, sinon avant. […] Laissez-moi vous souhaiter — en homme bien élevé — beaucoup de bonheur dans cette putain d'année qui vient."
[à Jacoba Van Velde, 27 décembre 1956]



samedi 27 juin 2015

Sans provenance ni destination




Il était agréable de remâcher sa vie en rêve, couché sur la corniche à côté de Belacqua*, devant un jour se levant de travers. Mais combien plus agréable la sensation d'être un projectile sans provenance ni destination, ravi dans un tumulte de mouvement non-newtonien. 

Beckett, Murphy


*Âme nonchalante "à l'air plus indolent que si paresse était sa sœur", dit de lui le chant IV du Purgatoire de Dante. 


mardi 23 juin 2015

Acabit





Mars venant de se coucher à l’Orient indique un grand Désir de s’engager dans une Occupation quelconque, et pourtant pas. On a vu des Personnes de cet Acabit exprimer le Vœu d’être à deux Endroits à la fois. 

[extrait du thème astral de Murphy (Beckett, 1938)]


vendredi 1 mai 2015

Encore une affaire d'estomac




« Nous sommes O et cela nous terrifie, d’où le besoin de porter comme des verres fumés, mais tournés au dedans de nous, afin de réduire l’éclat du dehors et nous permettre de nous dissimuler. O est le Réel. Ce que nous croyons vivre est une simple “réalité virtuelle” – une réalité devenue “vertueuse” (“lavée”) grâce aux multiples réfractions de nos fantasmes, de notre imagination, des illusions, des symbolisations, toutes choses qui finalement nous laissent avec un “réel” cuisiné, accommodé, assimilable par notre pauvre et faible capacité de digestion. » 

James Grotstein, Un rayon d'intense obscurité. Ce que Bion a légué à la psychanalyse [2007, traduction inédite arrangée par moi-même]

[Ces quelques lignes originellement en anglais tirées d'un livre qui devrait paraître en français l'année prochaine occupent une note de bas de page dans un ouvrage traduit de l'italien que je corrige en ce moment (vous suivez ? prenez donc du bicarbonate), mais malgré toutes ces réfractions elles m'ont quand même paru lumineuses. Wilfred Ruprecht Bion est un médecin né dans l'empire des Indes, pionnier de la psychanalyse de groupe, qui en 1932, à la Tavistock Clinic de Londres, eut pour patient un certain Samuel Beckett.]

jeudi 31 juillet 2014

Chance




[Samuel Beckett à Marthe Arnaud, le 10 juin 1940] 

On croit choisir une chose, et c'est toujours soi qu'on choisit, un soi qu'on ne connaissait pas si on a de la chance.



jeudi 17 juillet 2014

La tentation de la lumière




[Beckett à Mary Manning Howe, le 30 août 1937] 

Je ne fais rien, avec aussi peu de honte que de satisfaction. C’est l’état qui me convient le mieux. J’écris un poème de temps en temps lorsqu’il est là, c’est la seule chose qui vaille la peine d’être faite. Il y a une extase de l’accidia [paresse en italien] — sans volonté dans un tumulte gris d’idées obscures. Cela met fin à la tentation de la lumière, à ses brûlures & consolations polies. C’est bon pour les enfants et les insectes. Cela met fin au besoin de prendre une décision, comme on prend une livre de thé, de découper la conscience en opinions comme le beurre en mottes. La véritable conscience, c’est le chaos, une commotion mentale grise, sans prémisses ni conclusions ni problèmes ni solutions ni procès ni jugements. Je reste allongé pendant des jours sur le sol, ou dans les bois, accompagné & non accompagné, dans une coanesthésie mentale, une plénitude d’autoesthésie mentale qui est totalement inutile. La monade sans le conflit, sans lumière et sans obscurité. Avant je faisais semblant de travailler, plus maintenant. Je creusais çà et là dans le sable mental pour chercher les vers de sable des inclinations & des aversions, plus maintenant. Les vers de sable de l’intellect.

Ne m’envie pas, ne me plains pas.

[…]
Beaucoup de douleurs valent mieux qu’une seule.




mardi 15 juillet 2014

La beauté est un mur vide




[Beckett à Thomas McGreevy, le 26 juillet 1936, alors que Murphy ne trouve pas d’éditeur]

Je pense que la prochaine petite source d’émotion forte, c’est de voler. J’espère que je ne suis pas trop vieux pour m’y mettre sérieusement, ni trop stupidement ignorant des machines pour obtenir un diplôme de pilote professionnel. Je n’ai pas envie de passer le reste de ma vie à écrire des livres que personne ne lira. Ce n’est pas comme si j’avais envie de les écrire. 


[à Mary Manning Howe, le 14 novembre 1936] 

Je rêve, avec l’aide de café noir, de me blottir dans un giron de la taille de six hectares, avec toutes les dépendances strictement à l’échelle, qui soit tout à moi dans ma présente difformité. La beauté est un mur vide avec Défense d’afficher. Je suis fatigué de me cogner la tête contre […] 
J’ai l’impression que quelque chose me pousse à m’adresser à mes amis lorsque je suis le moins en état de le faire.
Les gens m’aiment bien — pas très longtemps […] C’est pire que quand on ne vous aime pas dès le début. J’espère ne pas être obscur. 
Où cela fait mal ? Inutile de viser un point précis. Ça ne fait mal nulle part. Et ça monte jusqu’à faire mal partout. J’ai l’impression d’être un Sébastien anesthésié affectant de ravaler ses cris.



dimanche 13 juillet 2014

L'intégrité des paupières


[Samuel Beckett à Thomas McGreevy, 18 octobre 1932] 

Mon cher Tom
 
Savoir que tu aimes mon poème me fait chaud au cœur. Sincèrement mon impression était qu’il ne valait pas grand-chose car il ne représentait pas une nécessité. Je veux dire que d’une certaine façon il était “facultatif” et que je ne m’en serais pas plus mal porté si je ne l’avais pas écrit. Est-ce là une façon très insipide de parler de la poésie ? Quoi qu’il en soit je trouve qu’il est impossible d’abandonner cette vision des choses. Sincèrement à nouveau mon sentiment est, de plus en plus, que la plus grande partie de ma poésie, bien qu’elle puisse être raisonnablement heureuse dans son choix des termes, échoue précisément parce qu’elle est facultative. Alors que les 3 ou 4 que j’aime et qui semblent avoir été attirés en luttant contre le véritable sale temps d’une de ces belles journées pour entrer dans le terrier de la “vie privée” […] ne me donnent pas et ne m’ont jamais donné l’impression d’être construits. Je ne peux pas très bien m’expliquer à moi-même ce qu’ils ont qui les distingue des autres, mais c’est quelque chose d’arborescent ou du ciel, pas Wagner, pas les nuages sur roues ; écrits au-dessus d’un abcès et non à partir d’une cavité, une déclaration et non une description de chaleur dans l’esprit pour compenser le pus dans l’esprit […] 

Je n’ai pas honte de bégayer ainsi avec toi qui as l’habitude de ma façon délirante de ne pas réussir à dire ce que j’imagine que je veux dire et qui comprends que jusqu’à ce que le bâillon soit mâchonné au point d’être avalé ou recraché la bouche doit bégayer ou se taire. Et seule une bouche plus stoïque que la mienne peut se taire. 
Il y a un type d’écriture qui correspond à des actes d’imposture & de débauche de la part de l’officine de l’écrivain. Le gémissement que je dois lâcher de plus en plus en écrivant est là — c’est-à-dire presque toujours bien ficelé, en terrain, faute d’orifice, chaleur de friction et la combustion spontanée pour compenser le pus & la souffrance qui menacent son économie, manœuvres frauduleuses pour obtenir que la cavité fasse ce qu’elle ne peut pas faire — le travail de l’abcès. Je ne sais pas pourquoi le poème jésuitique qui est une fin en soi et justifie tous les moyens devrait me dégoûter tant. Mais c’est le cas — à nouveau — de plus en plus. J’essayais d’aimer à nouveau Mallarmé l’autre jour, & je ne pouvais pas, parce que c’est de la poésie jésuitique, même le Cygne & Hérodiade. J’imagine que je suis un sale P. aux tendances puritaines même en poésie, préoccupé de l’intégrité dans un surplis. Je porte le deuil de l’intégrité de l’émission de sperme chez un pendu, ce que je trouve chez Homère & Dante & Racine & parfois Rimbaud, l’intégrité des paupières tombant avant que le cerveau ne soit conscient du grain de poussière dans le vent. 
Pardonner tout cela ? Pourquoi l’esprit est-il si imperméable au pus et le vent si avare de ses grains de poussière ?



samedi 12 juillet 2014

Un de ces nœuds dans le teck de ma vie



[à Thomas McGreevy, 8 novembre 1931] 

C’est un dimanche dublinois plus implacable que d’habitude. Brume & pluie & sonneries de cloches & absence d’alcool. Dimanche dernier j’ai décidé de faire une promenade — de Rathfarnham à Enniskerry, en passant par la forêt de pins. Tout était beau et lancinant, et la descente de la colline tant bien que mal dans l’obscurité jusqu’à Enniskerry & de la bière brune éventée au Powerscourt Arms. Pelorson dit qu’il comprend Rimbaud qui composait des poèmes en marchant. Mais moi, quand je marche, mon esprit a une mollesse fort agréable & mélancolique, est un carrefour de souvenirs, souvenirs d’enfance surtout, moulin à larmes. Mais aujourd’hui tout dégouline & il n’y a absolument rien à faire et absolument personne à aller voir […]

Je suis en plein dans un point mort, un de ces nœuds dans le teck de ma vie mais je suppose que je m’en sortirai tôt ou tard. Je ne peux absolument rien écrire, je ne peux même pas imaginer la forme d’une phrase, ni prendre des notes (et pourtant Dieu sait si j’ai assez de “butin verbal” pour étrangler tout ce que je peux avoir envie de dire), ni lire et comprendre, goût ou dégoût […] 

Samuel Beckett, Lettres I
 
traduit de l’anglais par André Topia
 
[les mots en italique sont en français dans le texte]



vendredi 11 janvier 2013

Mot à mot




« Le ciel, j'en ai — le ciel et la terre, j'en ai beaucoup entendu parler, ça alors c'est du vrai mot à mot, je n'invente rien. »
 

Beckett, Textes pour rien, V



vendredi 27 juillet 2012

Voilà leur temps





"

[...] que c’est étrange, l’automne du jour, quelle que soit la saison. Il y a un recommencement, mais le cœur ne semble pas y être, et comment y serait-il ? Cela se sent surtout à la ville, mais à la campagne aussi cela se sent, là où il y a des vaches et des oiseaux. A travers d’immenses étendues vides les paysans errent lentement, on se demande comment ils vont pouvoir rentrer chez eux avant la nuit, à la ferme qu’on ne voit pas, au village qu’on ne voit pas. Il n’y a plus assez de temps et pourtant Dieu sait s’il y en a. Même les fleurs ont quelque chose de fermé et une sorte d’affolement gagne les ailes. Toujours l’épervier fonce trop tôt, les corbeaux en plein jour quittent les guérets et se dépêchent vers le lieu de rassemblement, où ils ne feront plus que croasser et se chamailler jusqu’à la nuit. A ce moment-là des velléités de sortir les agitent, mais c’est trop tard. C’est un fait, la journée est finie longtemps avant de finir et les hommes tombent de fatigue bien avant l’heure du repos. Mais motus, les dernières heures du jour sont pleines de fièvre, on court à droite et à gauche et rien ne se fait. L’heure du danger, on la laisse passer, parce qu’il n’y a pas de danger, et ensuite on est sans armes. Les gens dans la rue vont cernés de catastrophes en marche. Trop court pour que ce soit la peine de commencer, trop long pour qu’on ne commence pas quand même, voilà leur temps, cage de la Balue des heures. Demandez l’heure à un passant, il vous dira n’importe quoi, au jugé, par-dessus son épaule, en s’éloignant. Mais soyez tranquille, il ne s’est pas trompé de beaucoup, lui qui consulte sa montrer tous les quarts d’heure, la règle sur les horloges astronomiques publiques, fait ses calculs, se demande comment il va faire, pour faire tout ce qu’il a à faire, avant la fin du jour interminable.
" 

Samuel Beckett, Mercier et Camier (1946)


mardi 7 septembre 2010

Comme il sied





« Le silence en effet est tel par moments que la terre semble être sans habitants. Voilà où mène l’amour de la généralisation. Il suffit de ne plus entendre, dans son trou, pendant quelques jours, d’autre bruit que celui des choses, pour qu’on commence à se croire le dernier du genre humain. Si je me mettais à crier ? Ce n’est pas que je veuille attirer l’attention sur moi, ce serait seulement pour essayer de savoir s’il y a quelqu’un. Mais je n’aime pas crier. J’ai parlé doucement, je suis allé doucement, toujours, comme il sied à qui n’a rien à dire ni ne sait où aller. » 

 
Beckett, Malone meurt


jeudi 14 mai 2009

Sa façon d’arrêter les mots
















« J’ai déjà dit que j’ai chez moi un portrait de Sam par Avigdor [Arikha] montrant Sam assis avec un verre dans ses mains. Avigdor dessinait souvent Sam quand ils étaient ensemble. Il avait sans doute fait ce portrait pendant qu’ils écoutaient de la musique. Ce qu’on faisait souvent quand on visitait Sam. Parfois quand avec un groupe d’amis on était chez Sam, il disait, Si on écoutait un peu de musique avant d’aller dîner. C’était sa façon d’arrêter les mots. Il mettait un disque sur le phonographe. Le plus souvent une sonate de Schubert, un de ses compositeurs préférés. »
 

Raymond Federman, Le Livre de Sam ou des pierres à sucer plein les poches 
al dante / &, 2006








samedi 4 octobre 2008

Un beau jour ceci





imagine si ceci

un jour ceci
un beau jour

imagine

si un jour

un beau jour ceci

cessait

imagine



Samuel Beckett, Mirlitonnades (1976-1978)



jeudi 29 mai 2008

Pitreries




« Car en moi il y a toujours eu deux pitres, entre autres, celui qui ne demande qu'à rester là où il se trouve et celui qui s'imagine qu'il serait un peu moins mal plus loin » 

Beckett, Molloy