lundi 14 juin 2010
Les dimensions d'un grand désastre
Ma mère savait trop bien quelle blessure peut causer une illusion brisée. Le désappointement le plus insignifiant prenait pour elle les dimensions d'un grand désastre. Une veille de Noël, peu de temps avant la naissance de son quatrième bébé, elle dut garder le lit à cause d'une légère indisposition, et elle nous fit promettre, à mon frère et à moi (qui avions respectivement cinq et six ans) de ne pas chercher à voir ce qu'il y aurait dans nos bas de Noël, que nous trouverions suspendus aux montants de nos lits le lendemain matin, mais de les apporter dans sa chambre et de ne regarder que là leur contenu, afin qu'elle pût nous voir à ce moment et jouir de notre plaisir. Au réveil, je tins furtivement conseil avec mon frère, à la suite de quoi chacun de nous deux, avec des mains avides, palpa son bas délicieusement crissant, bourré de menus présents ; lesquels présents nous retirâmes avec précaution un par un, et nous voilà dénouant les faveurs, dépliant les papiers de soie, examinant tout à la faible lueur qui traversait les rideaux tirés, puis nous réenveloppâmes toutes ces petites choses et les refourrâmes là où nous les avions trouvées. Je nous revois ensuite assis sur le lit de notre mère, tenant ces bas couverts de bosses et faisant de notre mieux pour jouer la scène qu'elle avait souhaité voir ; mais nous avions tellement bousillé les emballages, et notre interprétation de la surprise enthousiaste fut à tel point une interprétation d'amateurs (je vois encore mon frère levant les yeux au ciel et s'écriant, à l'instar de notre gouvernante française : "Ah ! que c'est beau !"), que, après nous avoir observés un moment, notre spectatrice fondit en larmes.
Vladimir Nabokov, Autres rivages
dimanche 13 juin 2010
Que la sentir se perdre
Ravel, Valses nobles et sentimentales, épilogue. NY Philharmonic, Pierre Boulez
ciel vu de ma fenêtre
"13 juin 1930. Je vis toujours au présent. L'avenir, je ne le connais pas. Le passé, je ne l'ai plus. L'un me pèse comme la possibilité de tout, l'autre comme la réalité de rien […] Ombre obscure et fugitive d'un arbre citadin, son léger de l'eau tombant dans un bassin plaintif, vert du gazon régulier - jardin public dans le semi-crépuscule -, vous êtes en ce moment l'univers entier pour moi, car vous êtes le contenu plein et entier de ma sensation consciente. Je ne désire rien d'autre de la vie que la sentir se perdre, au long de ces soirées imprévues, au milieu d'enfants inconnus et bruyants qui jouent dans ces jardins, confinés dans la mélancolie des rues qui les entourent, et couverts, au-delà des hautes branches et des arbres, par la voûte du vieux ciel où recommencent les étoiles."
Fernando Pessoa, Le livre de l'intranquillité, p. 131
vendredi 11 juin 2010
Ce qu'il faudrait
« Nous ne faisons nul péché avec eux. Telle est la raison qu’ils donnent aux hommes qui leur demandent pourquoi ils n’ont point vergogne de montrer leur membre. Et encore vous dis qu’ils n’occiront nulle créature ni animal du monde, ni mouche, ni puce, ni pou, ni ver, parce qu’ils disent qu’ils ont une âme, et disent qu’ils n’en mangeraient point à cause du péché qu’ils commettraient. Et encore vous dis qu’ils ne mangeraient nulle chose verte, ni herbe, ni fruit, ni racine, tant qu’elle n’est pas sèche, parce que, disent-ils, les choses vertes ont une âme. »
Marco Polo, Le devisement du monde
CLXXVIII. Ci devise de la province de Lar, dont tous les Braaman sont nés
« C’est le mérite des époques dites de décadence que d’éclairer d’une lumière exceptionnellement violente le conflit entre ce qui est et ce qu’il faudrait qui fût. »
René Crevel, Les pieds dans le plat
VII. Le quatorzième convive
vendredi 4 juin 2010
Exclusivement
« C’est un vide d’une qualité particulière qui s’installe lorsque dans une ville étrangère on compose en vain un numéro pour tenter de joindre quelqu’un au bout du fil. Quand personne ne daigne décrocher, la déception revêt une importance capitale, comme s’il s’agissait d’un jeu de roulette où il en va effectivement de la vie et de la mort. Et une fois que j’avais récupéré ma monnaie dans le bas de l’appareil, que me restait-il donc à faire sinon continuer à errer sans but dans les rues jusqu’à la nuit tombée. Très souvent j’avais l’impression, vraisemblablement à cause du surcroît de fatigue, d’apercevoir marchant devant moi quelqu’un de connaissance. Ces hallucinations, car il n’y a pas d’autre terme qui convienne, me donnaient à voir exclusivement des personnes auxquelles je n’avais plus pensé depuis des années, des disparus pour ainsi dire. Y compris certains dont je pouvais affirmer qu’ils n’étaient plus en vie, comme Mathild Seelos ou le greffier de la mairie, le manchot Fürgut. Un jour, dans la Gonzagagasse, je crus même reconnaître le poète Dante, menacé du bûcher et banni de sa ville. Coiffé de son célèbre bonnet, un peu plus grand que les autres passants et cependant ignoré d’eux, assez longtemps il me précéda de quelques pas, mais comme je me hâtais pour le rattraper, il tourna dans la Heinrichsgasse et le temps que j’atteigne le coin de la rue, il avait disparu. »
W. G. Sebald, Schwindel. Gefühle
(Vertige. Sensation, 1990)
jeudi 27 mai 2010
Dernier chemin
VIII
À dos de cheval avec le peintre,
parfois assis tout en haut de la carriole,
un enfant de neuf ans l’accompagne,
le sien, songe-t-il avec émerveillement,
conçu dans le mariage avec Anna.
Il est très beau, ce dernier chemin,
en septembre de l’année 1527, le long de l’eau,
à travers les vallées. L’air fait bouger la lumière
entre les feuilles des arbres, et du haut des collines
ils voient la campagne alentour.
Adossé aux rochers quand ils font halte,
Grünewald ressent au fond de lui son malheur
et celui de l’architecte des eaux de Halle.
Le vent nous emporte comme un vol d’étourneaux
à l’heure où reviennent
les ombres. Ce qui reste, jusqu’à la fin,
c’est le travail commandé. Au service de la famille
Erbach, à Erbarch dans l’Odenwald, le peintre consacre
les années qui lui restent encore à un retable,
Crucifixion, une fois de plus, et Déploration,
l’altération de la vie se fait
lentement, et toujours entre le coup
d’œil et le coup de pinceau
Grünewald fait à présent un voyage
lointain, il interrompt aussi beaucoup plus souvent
qu’il n’en avait coutume la pratique de l’art
pour prendre son enfant en apprentissage
dans son atelier et dehors, dans la verte campagne.
Ce que lui-même en a appris n’est consigné nulle part,
on sait seulement que l’enfant, à l’âge de quatorze ans,
pour une cause inconnue, soudain
mourut, et que le peintre
ne lui survécut guère. Aiguise ton regard et devant toi
tu verras là-bas, dans le gris du soir qui tombe,
tourner les lointains moulins à vent.
La forêt recule, en vérité,
à une distance telle qu’on ne sait
où elle a pu être, et la maison de glace
se défait, et le givre dessine sur la campagne
une image sans couleurs de la terre.
C’est ainsi, quand le nerf optique
se déchire, que dans l’atmosphère immobile
tout devient blanc, comme la neige
sur les Alpes.
W. G. Sebald, Comme la neige sur les Alpes
in D’après
Nature (1988)
mardi 11 mai 2010
Le poète se résigne
Mais voilà que son chef-d’œuvre écrit, corrigé, relié, le poète est bien embêté. Ça pèse cinq cents grammes, autant dire pas lourd ; le monde n’a pas changé d’un atome ; le poète n’a fait que s’interpénétrer ceux, fort ordinaires, qui entrent dans la composition d’une spirale en plastique, d’une encre noire et d’une centaine de feuilles A4 ― pour former un parallépipède que personne, bien entendu, n’a le loisir de lire sur-le-champ avant de tomber, admiratif et bouleversé, dans ses bras. C’était bien la peine. Toutes ces machines qu’il faudra remuer pour en faire un objet moins lourd encore mais disséminable, en une époque reculée où, si ça se trouve, le poète ne pourra plus voir son chef-d’œuvre en peinture ! Il ne va tout de même pas descendre sur le port et se mettre à crier il est frais mon roman, il est frais, profitez-en tant qu’il respire encore. D’autant qu’il est admis que le fruit de ses efforts doit pouvoir supporter bravement les injures du temps. Le poète veut bien le croire, il a durement travaillé pour ça. Tout de même, laisser refroidir cette tarte, c’est du gâchis. Il n’en démord pas, c’est meilleur tiède. C’est alors seulement qu’il s’avise qu'elle n'est tiède que pour lui. Pour le reste des hommes, ses mots seront, dans cent ans comme hier, glacés comme des fontes d’imprimerie ; ce sont eux, s’ils le veulent bien, qui leur insuffleront un peu de chaleur ; ce n’est pas de son ressort. Le poète se résigne. D’ailleurs il n’a encore rien dit. Mais son prochain livre, ah ça oui, sera brûlant comme le cœur de la Terre, et l'on verra si cette pimbêche ne s’arrête pas de tourner.
vendredi 7 mai 2010
Cordeau
Une fois le corps du texte constitué, un des grands plaisirs de la correction est de couper tout ce qui dépasse, tailler les poils du nez, percer les boutons, limer les ongles, qu’il soit le plus beau pour aller danser. On sabre des membres de phrase avec la sûreté d’un laser, on avait fait mine pendant des mois de les ignorer mais (passons de corps à jardin, voulez-vous) on savait pertinemment où sont les bourgeons mal formés, les branches trop lourdes qui ploient, les mauvaises herbes, même si, c'est vrai, on les voit mieux depuis la terrasse enfin surélevée. Haies au cordeau des paragraphes ― c’est l’écriture à la française ; on a l'ambition, en tout cas, de faire un Le Nôtre de ce jardinet.
mardi 27 avril 2010
Stèle virtuelle
La pierre tombale est un éclat de roche dressé contre un mur, à même le gravier.
Quelques fiches techniques mentionnent son nom ― son énergie et sa débrouillardise lui avaient vite fait une réputation dans le métier d'accessoiriste, première station de son rêve de cinéma ― et c’est tout. Pas d'images. Sur Internet, en tout cas, c’est comme s’il n’avait pas existé. Et pourtant Cyril Maero (18 avril 1974 - 13 octobre 2001) a bel et bien vécu, avant de se tuer, au volant de sa moto, un soir d’automne, sur une route de montagne.
Ici à dix-huit ans, quand je l’ai connu, étudiant en "lettres modernes" (j'avais eu l'honneur de lire des poèmes, allez savoir ce qu'ils sont devenus). Il faisait souvent des grimaces, avoir l'air con était une de ses spécialités. C'est l'une des deux photos que j'ai de lui.
Les montagnes, il les connaissait bien. Il y avait grandi, me les avait maintes fois fièrement montrées, caressait le projet d'y tourner un western anarchiste, en partageait la solide santé.
Sa tombe les regarde. À l’instant où nous sommes arrivés devant elle, ce dimanche, il a plu. À peine quelques gouttes, pendant trois minutes, juste assez pour qu'un arc-en-ciel s’ébauche faiblement, droit devant. Cela m’a eu tout l’air d’un signe.
Mais Cyril n'avait ni dieu ni maître. Romantique tendance Albator, c’est dire si ses excès étaient bon enfant, ce matamore collectionnait les éditions des Fleurs du Mal, avait d'abord rêvé d’être aviateur ; il faisait du planeur. Il y en avait un, posé sur l’herbe, devant le cimetière. Décidément ce pèlerinage bien des années après semblait avoir été réglé, en haut lieu, dans ses moindres détails, nous en avions pour notre peine.
L’arc-en-ciel a disparu, un nuage d’un blanc pur s’est mis à dominer les lieux, dans un ciel d’orage. Cyril avait des yeux très clairs, de la droiture s'il jouait, en adolescent attardé, les durs et les rebelles ― il avait souvent, entre deux bitures, provoqué la maréchaussée, dans les derniers temps il s'assagirait. À quelques semaines d'intervalle, sa mort avait été notre 11 septembre ; las, ce n'était pas deux tours arrogantes mais notre insouciante jeunesse qui était, ce jour-là, partie en fumée.
Encore un printemps de plus pour moi, de moins pour lui. Ce pays est le sien ; pour moi, son ombre y planera à jamais. Ce n'est pas la plus mauvaise raison d'aimer un paysage.
lundi 5 avril 2010
Enchaînements
"La musique creuse le ciel. "
Baudelaire, Fusées
"dans cette province du ciel
après le blanc flashy des crashes
la couleur tendance
c’est le rouge
braise rouge accentué
par l’éloignement réciproque
la course de plus en plus
folle au loin dans le rouge
tout sombre ― j’aime
les objets sans nom
leurs bouillons brûlants"
Pierre Alferi, Les Jumelles
"Pour moi, j’aime les choses existantes ; je les aime comme elles sont. Je ne désire, je ne cherche, je n’imagine rien hors de la nature. Loin que ma pensée divague et se porte sur des objets difficiles ou bizarres, éloignés ou extraordinaires, et qu’indifférent pour ce qui s’offre à moi, pour ce que la nature produit habituellement, j’aspire à ce qui m’est refusé, à des choses étrangères et rares, à des circonstances invraisemblables et à une destinée romanesque, je ne veux, au contraire, je ne demande à la nature et aux hommes, je ne demande pour ma vie entière que ce que la nature contient nécessairement, ce que les hommes doivent tous posséder, ce qui peut seul occuper nos jours et remplir nos cœurs, ce qui fait la vie. "
Senancour, Obermann
"je parle d'Amour comme s'il était une chose en soi,
[…]
Laquelle chose, selon la vérité, est fausse
puisque Amour n'existe pas en soi comme substance
mais comme accident dans la substance."
Dante, Vita Nova
"Ainsi va le monde, tas de fumier de forces instinctives, qui brille malgré tout au soleil en tons pailletés d'or et de clair-obscur."
Pessoa
"Le romantisme ? Je crois ne pas me tromper en considérant comme romantique ce qui ne vit plus qu’à moitié. Ce qui est abîmé, décrépi, malade, un très vieux mur d’enceinte par exemple. Ce qui ne sert à rien, ce qui est beau d’une manière mystérieuse, voilà ce qui est romantique. J’aime rêver à ce genre de choses, et à mon sens, il suffit d’y rêver. En fait, la chose la plus romantique qui soit c’est le cœur, et tout être capable de sentiments porte en lui des villes anciennes entourées de très vieilles murailles. "
Robert Walser, La petite Berlinoise
samedi 3 avril 2010
Finir par savoir
« Le vieux Sikorsky était devenu un familier de Beethoven le jeune, ça arrive quand on vieillit beaucoup, on finit par savoir ce qu'on aime, cette musique-là, pas une autre. »
Christian Gailly, L'Incident
jeudi 25 mars 2010
Une espèce de patrie-omnibus
"Aimer autre chose que ce qui est ignoble, puant et bête ; convoiter la Beauté, la Splendeur, la Béatitude ; préférer une œuvre d’art à une saleté et le Jugement dernier de Michel-Ange à un inventaire de fin d’année ; avoir plus besoin du rassasiement de l’âme que de la plénitude des intestins ; croire enfin à la Poésie, à l’Héroïsme, à la Sainteté, voilà ce que le Bourgeois appelle « être dans les nuages ». D’où il suit que les nuages sont une espèce de patrie-omnibus pour quiconque n’est pas situé exactement au plus bas de tous les degrés de l’échelle – ce qui n’est, bien entendu, le cas de personne […]
Un pauvre compagnon vidangeur raclant le gratin au fond d’une fosse et songeant aux pommiers ou aux acacias en fleurs, est incontestablement dans les nuages. Un triste employé de commerce interrompant ses bordereaux pour dévorer un feuilleton de Richebourg d’où lui vient la sensation d’une pantelante littérature, est encore plus dans les nuages, si c’est possible, et on ne le lui envoie pas dire. Un notaire ivre d’amour qui fait un quatrième enfant à sa notairesse, oubliant qu’il a déjà procréé un hydrocéphale et deux avortons, est autant dans les nuages qu’on y puisse être, c’est certain, et il faudrait quelque chose comme la monstruosité d’un pharmacien faisant des vers pour y être d’une manière plus inquiétante. Je ne finirais pas, s’il fallait tout dire.
En somme, pour s’enlever instantanément dans les nuages, il suffit de faire, penser, vouloir ou rêver n’importe quoi de propre ou de quasi propre, ne fût-ce qu’une demi-seconde.
Donc ces fameux nuages si énergiquement anathémisés par le Bourgeois peuvent, hélas ! être par lui rencontrés à chaque détour. Quoi qu’il fasse, il n’est jamais sûr de les éviter et voilà pourquoi son sort, bêtement envié, est si douloureux ! On s’est souvent demandé pourquoi le Bourgeois est si cochon, si crapuleusement bas, si enfoncé dans les latrines ! Tout simplement à cause des nuages. "
Léon Bloy, Exégèse des lieux communs (1902)
[Première série, XXIV : ETRE DANS LES NUAGES]
vendredi 12 mars 2010
L'horizon
Écrire dix pages d’un coup, puis passer cinq jours sur deux lignes. Ouvrir le fichier sans envie, et constater que ça vient tout seul. Être excité à l’idée de s’y mettre, et quatre heures plus tard avoir changé un tiret en point-virgule. (Et revenir au tiret en fin de journée.) Ne plus comprendre ce qu’on avait voulu dire après la dix-neuvième réécriture d’un paragraphe, et le supprimer (c’était bien la peine). Cette séquence qui semblait cruciale et réclamer de longs développements, l’expédier en trois phrases. Cet épisode mineur, au contraire, grossissant à vue d’oeil, etc. Se flatter pourtant, avec une mauvaise foi digne d’éloges, d’être en mesure, à n’importe quel moment, de justifier chacun de ses choix, de le situer au sein d’un infaillible plan.
Le livre avance ainsi, de contradictions en volte-face, de refontes en refontes, prenant le large on ne sait comment. Si jamais il reste à quai, en cale sèche, malheur : le capitaine fantôme se transforme en un très consistant inspecteur, et inflexible, une tête de mule, parlant déjà de démantèlement, prédisant le naufrage. Certes, il n’y a personne à la barre et des palabres sans fin dans les soutes, répond l’équipage ; mais du moment que le vent souffle ! Et comme il souffle, on largue les amarres, les yeux fixés sur "la dernière ligne" (on aura reconnu l’horizon).
samedi 6 mars 2010
Belvédère
« Nous avons le belvédère, le promontoire, les bancs. Manque le paysage. »
Éric Chevillard, Choir, p. 120
mardi 9 février 2010
Parenthèse
« […] "réalisme" (c'est là un de ces mots qui n'ont de sens qu'entre guillemets) […] »
Nabokov, À propos de "Lolita"
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