mercredi 13 mars 2013

L'effarante réalité des choses




Poulenc, Sonate pour deux clarinettes, andante. Michel Portal, Maurice Gabai
coin de ma rue un soir





L’effarante réalité des choses

est ma découverte de tous les jours.

Chaque chose est ce qu’elle est,

et il est difficile d’expliquer combien cela me réjouit

et combien cela me suffit.


[...
]

Sentir, c’est être inattentif.

[...
]
La beauté est le nom de quelque chose
  
qui n’existe pas

et que je donne aux choses en échange
  
 du plaisir qu’elles me donnent.


[...
]
L’unique signification intime des choses,

c’est le fait qu’elles n’aient aucune
  
 intime signification.


[...
]

Passe, oiseau, passe, et apprends-moi à passer !



XLIX

Je rentre à la maison, je ferme la fenêtre,
On apporte la lampe, on me souhaite bonne nuit,
et d’une voix contente je réponds bonne nuit.
Plût au Ciel que ma vie fût toujours cette chose :

le jour ensoleillé,
   et suave de pluie,
ou bien tempétueux comme
   si le Monde allait finir,
la soirée douce et les groupes
   qui passent,
observés avec intérêt
   de la fenêtre,
le dernier coup d’oeil amical
   jeté sur les arbres en paix,
et puis, fermée la fenêtre
   et la lampe allumée,
sans rien dire, sans penser
   à rien, sans dormir,
sentir la vie couler en moi
   comme un fleuve en son lit,
et au-dehors un grand silence

   ainsi qu’un dieu qui dort.

[poèmes d'Alberto Caiero]


jeudi 28 février 2013

Comme un marbre rongé







"Car, quoi qu’on dise, nous pouvons avoir parfaitement en rêve l’impression que ce qui se passe est réel. Cela ne serait impossible que pour des raisons tirées de notre expérience qui à ce moment-là nous est cachée. De sorte que cette vie invraisemblable nous semble vraie. Parfois, par un défaut d’éclairage intérieur lequel, vicieux, faisait manquer la pièce, mes souvenirs bien mis en scène me donnant l’illusion de la vie, je croyais vraiment avoir donné rendez-vous à Albertine, la retrouver ; mais alors je me sentais incapable de marcher vers elle, de proférer les mots que je voulais lui dire, de rallumer pour la voir le flambeau qui s’était éteint – impossibilités qui étaient simplement, dans mon rêve, l’immobilité, le mutisme, la cécité du dormeur – comme brusquement on voit dans la projection manquée d’une lanterne magique une grande ombre, qui devrait être cachée, effacer la silhouette des personnages, et qui est celle de la lanterne elle-même, ou celle de l’opérateur. D’autres fois Albertine se trouvait dans mon rêve, et voulait de nouveau me quitter sans que sa résolution parvînt à m’émouvoir. C’est que de ma mémoire avait pu filtrer dans l’obscurité de mon sommeil un rayon avertisseur, et ce qui, logé en Albertine, ôtait à ses actes futurs, au départ qu’elle annonçait, toute importance, c’était l’idée qu’elle était morte. Souvent ce souvenir qu’Albertine était morte se combinait sans la détruire avec la sensation qu’elle était vivante. Je causais avec elle ; pendant que je parlais ma grand’mère allait et venait dans le fond de la chambre. Une partie de son menton était tombée en miettes, comme un marbre rongé, mais je ne trouvais à cela rien d’extraordinaire." 

Marcel Proust, Albertine disparue


mercredi 20 février 2013

Télescope




Morton Feldman, Christian Wolff in Cambridge (1963)
Choir of Saint Ignatius of Antioch, New York City




"Quand nous écoutons un enregistrement, nous acceptons le compromis, l’enregistrement n’est pas la réalité de ce qu’est la musique : c’est plus gros que nature. L’enregistrement agrandit, regarde la musique à travers un microscope. Mais, moi, ce que je veux, c’est écouter la musique à travers un télescope. 
― Pensez-vous que votre musique puisse agir sur le public comme une drogue ? 
― J’ai toujours pensé que les drogues pouvaient vous procurer du bien-être. 
― Alors, vous ne pensez pas que votre musique…? 
― Non. Je crois que l’hypnotisme se produit lorsque les gens écoutent de la musique, c’est-à-dire très rarement. Cette expérience leur est si étrangère !" 

Morton Feldman. À l’écart des grandes villes
, entretien avec Jean-Yves Bosseur (1967)




dimanche 17 février 2013

Des centaines d’adeptes des arts



« Ainsi, c’était devenu une évidence incontournable, le monde manifestait une compréhension et un intérêt croissant pour l’art. Autrement dit, il semblait totalement enartistiqué. Une secrétaire sur deux ou trois avait pour ami ou amant un peintre. On voit par là qu’il est presque impossible de mesurer combien on se portraiturait. En conséquence, la société cultivée ou semi-cultivée pullulait de prétendus créateurs, pour les faits et gestes desquels on affichait un intérêt colossal. Allait-on se promener, on ne manquait jamais d’entendre une jeune fille se jeter ou se précipiter dans une exclamation inquiète : “Il crée si difficilement”, ou bien : “Il a cessé de créer”, et par ce il, on entendait quelque écorché vif se torturant dans son atelier. Quant à l’artiste qui s’était installé dans le joli village, les jeunes paysans le poursuivaient de la question anxieuse : “Est-ce que tu arrives à créer ?” Il répondait : “Non, pas comme je souhaiterais, je lutte contre un certain nombre d’obstacles.” Cette situation n’avait rien d’exceptionnel. Des centaines d’adeptes des arts luttaient dans cent situations particulières dans des centaines de localités contre des centaines de difficultés les plus diverses, ce qui veut dire qu’en ce qui concerne leur élan producteur ou créatif, ils n’avançaient pas vraiment, là où ils auraient voulu non pas simplement marcher d’un bon pas, mais voler […] » 

« Jeunes et vieux, grands et petits, riches et pauvres, savants et ignorants, travailleurs et chômeurs, gens influents et gens ingénus, tout un chacun se démène et se décarcasse pour le bien des arts. N’importe quel écolier ne connaît-il pas les conditions préalables indispensables à l’art du futur ? Ce que doivent être la largeur, la grosseur ou la longueur des éléments de base de la composition approximative d’un roman ou d’un tableau, le premier cantonnier venu le sait parfaitement. Tous les non-créateurs savent par le menu comment on doit créer, seuls les créateurs parfois font des manières, flottent sur le ridicule d’un abîme d’ignorance […] » 

Robert Walser, Ce que j’écris sera peut-être un conte

in Le Territoire du crayon



mercredi 30 janvier 2013

Si évidemment ridicule



"Kate : Maintenant j’ai une autre raison de détester Noël.

Billy : Pourquoi tu dis ça ?

Kate : La pire chose qui me soit jamais arrivée, c’était à Noël. Oh, mon dieu. C’était si horrible. C’était la veille de Noël. J’avais neuf ans. Moi et Maman nous décorions l’arbre, en attendant que Papa rentre du travail. Des heures ont passé. Papa n’était pas là. Alors Maman a appelé le bureau. Pas de réponse. Noël est venu et passé, et toujours rien. La police a lancé une recherche. Quatre ou cinq jours ont passé. Aucune de nous ne pouvait manger ou dormir. Tout s’effondrait. Il neigeait dehors. La maison était gelée, alors j’ai essayé d’allumer un feu. C'est à ce moment que j'ai remarqué l'odeur. Les pompiers sont venus et ont percé la cheminée. Et moi et Maman attendions qu’ils en sortent un chat mort ou un oiseau. Ils en ont tiré mon père. Il était vêtu d'un costume de Père Noël. Il était descendu dans la cheminée... les bras chargés de cadeaux. Il voulait nous faire une surprise. Il a glissé et s'est brisé le cou. Il est mort sur le coup. Voilà comment j'ai découvert qu’il n'y avait pas de Père Noël."




"J’ai toujours considéré le succès phénoménal de Gremlins comme un coup de veine, parce que personne n’en attendait rien. Le film a failli ne pas se faire, le studio ne l’aimait pas beaucoup et ne savait pas quoi en faire. C’est le public qui a littéralement sauvé le film à la preview. Warner Bros n’aimait pas le ton du film. Ils l’ont montré à San Diego. Je n’ai jamais rien vu de tel. C’était le délire. Les gens criaient, sifflaient, applaudissaient, parlaient après les scènes. C’était invraisemblable. D’un seul coup, les dirigeants se sont regardés : “Voyez-vous ça ! Nous tenons un gros succès. Mais il faut quand même faire quelque chose. On ne peut pas le laisser s’en sortir comme ça.” Alors, ils ont concentré le tir sur ce qu’ils détestaient le plus : le récit que fait Phoebe Cates de la mort de son père, coincé dans la cheminée. J’ai appris plus tard que même après la sortie, Warner Bros continuait de harceler Spielberg : “Il n’est pas trop tard... on pourrait faire couper les copies dans les agences régionales.”
Pour moi, c’est une véritable scène-clé de mon œuvre, si je puis me permettre d’employer ce mot. Voilà un personnage du film que vous aimez bien, qui, d’ailleurs, a très peu à faire - à part dire cette tirade. Elle raconte cette histoire terriblement poignante sur une chose affreuse qui est arrivée à son père. Le spectacteur est conditionné à l’aimer et à la plaindre. Mais l’histoire qu’elle raconte est si évidemment ridicule, encore que vraisemblable, que le spectateur est confronté à deux réactions. Il doit affronter le fait que c’est une histoire très triste pour elle, et il l’aime, mais aussi que c’est un truc macabre et ridiculement crétin. C’est absurde. Et il ne sait pas comment réagir. Rire à cette scène équivaut à rire d’elle. À trahir un personnage qu’on aime…"


Entretien avec Joe Dante in Joe Dante et les Gremlins de Hollywood (éd. Cahiers du cinéma, 1999)


mardi 22 janvier 2013

Il chantait dans les bois en français




« Le français qu’il apprit avant sa conversion, parce qu’il était la langue par excellence de la poésie et des sentiments chevaleresques, continua à être la langue de ses effusions intimes. “Quand il était plein de l’ardeur du Saint-Esprit, dit Thomas de Celano, il parlait à haute voix en français.” Il chantait dans les bois en français, il mendia un jour en français de l’huile pour le luminaire de San Damiano qu’il réparait. Le français le plongeait dans l’ivresse et la jubilation. » 

in Saint-François d’Assise de J. Le Goff (1999)



vendredi 11 janvier 2013

Mot à mot




« Le ciel, j'en ai — le ciel et la terre, j'en ai beaucoup entendu parler, ça alors c'est du vrai mot à mot, je n'invente rien. »
 

Beckett, Textes pour rien, V



mercredi 2 janvier 2013

Diogène


Le roi Cyrus lui demandait quelle était la science la plus essentielle :
« Désapprendre le mal », lui répondit-il.




On s'interrogea sur la portée de son geste quand il en vint à demander l'aumône à une statue : « Je m'habitue au refus », expliqua-t-il.

[in Les Cyniques grecs, Le Livre de poche]

mardi 25 décembre 2012

Une image parfaite de la paix de Noël




"A la paisible matinée du 25 décembre succède le repas de midi, plus copieux que d’habitude en ce jour de fête. Robert mange de bon appétit dans le cercle des pensionnaires ; le cliquetis des fourchettes, cuillers et couteaux résonne comme une musique joyeuse à son oreille. Mais il a hâte d’arpenter la campagne. Chaudement vêtu, le voilà qui pénètre dans la lumière cristalline d’un paysage de neige. Devant l’hospice, il emprunte le chemin qui, par un sombre passage souterrain, le mène à la gare où il a si souvent attendu l’ami. Dans quelques jours, à Nouvel An très exactement, ils se promèneront de nouveau ensemble, qu’il fasse beau ou mauvais. Aujourd’hui, il est attiré par le Rosenberg sur lequel se dresse une ruine. Il y est déjà allé maintes fois, seul ou accompagné. De là-haut, on a une vue magnifique sur la chaîne des Alpes. Tout est si calme en ce début d’après-midi : de la neige, rien que de la neige, aussi loin que porte le regard. N’a-t-il pas écrit une fois un poème qui s’achève par ces mots : “La neige tombant du ciel rappelle une rose qui s’effeuille ?” Ce n’était peut-être pas un très bon poème ; mais il est vrai que c’est ainsi qu’un homme devrait s’effeuiller : comme une rose.


Le promeneur solitaire inspire à pleins poumons l’air limpide de l’hiver. Un air si consistant qu’on a presque l’impression qu’on pourrait le mastiquer. Il a laissé Herisau en contrebas. Ses usines, ses maisons d’habitation, les églises, la gare. Parmi les hêtres et les sapins, il grimpe vers le Shochenberg, sans doute un peu trop vite pour son âge. Son coeur qui bat la chamade le pousse plus loi, plus haut ; au sortir du Rosenwald, il se dirige vers la Wachtenegg, rejoint la crête ouest du Rosenberg d’où il gagnera, par une légère dépression, la colline d’en face. L’envie lui vient d’allumer une cigarette. Mais il résiste. C’est un plaisir qu’il se réserve pour plus tard, lorsqu’il se tiendra près de la ruine. — La pente menant à la dépression est assez raide. Il descend donc latéralement, pas à pas, sans se retenir aux buissons, vers la cuvette située à 860 mètres d’altitude où il compte se reposer un moment. Plus que quelques mètres et il se retrouvera sur le méplat. Il doit être maintenant environ treize heures trente. Le soleil brille d’un pâle éclat, comme une jeune fille un peu anémique. Rien de triomphal dans son rayonnement, plutôt quelque chose de tendrement mélancolique, d’hésitant, comme s’il était sur le point déjà d’abandonner à la nuit le charmant paysage.
Et voilà que soudain, son coeur marque un temps d’arrêt. Le promeneur est pris d’un vertige. Sans doute est-ce là un symptôme de l’artériosclérose dont le médecin lui a parlé un jour pour le mettre en garde et l’inciter à ne pas forcer l’allure pendant la marche. En un éclair, il se rappelle les crampes aux jambes qui l’ont surpris lors de promenades passées. Cela va-t-il se reproduire aujourd’hui ? Que ces choses-là sont donc désagréables et, qui plus est, si stupidement assommantes ! Mais — qu’est-ce que c’est ? Il tombe brusquement à la renverse, sur le dos, porte la main droite à son coeur et s’immobilise. L’immobilité de la mort. Le bras gauche repose le long du corps qui se refroidit rapidement. La main gauche est fermée comme pour écraser dans la paume la douleur aiguë, brève, qui a bondi sur le promeneur par surprise, ainsi qu’une panthère. La chapeau a roulé un peu à l’écart. La tête légèrement tournée sur le côté, le promeneur muet offre une image parfaite de la paix de Noël. Sa bouche est ouverte ; on dirait que l’air hivernal, pur et frais, pénètre encore en lui.


C’est ainsi que le découvrent un peu plus tard deux écoliers qui sont descendus à ski de la ferme “Burghalden”, éloignée de cent cinquante mètres à peine et appartenant à la famille Manser, afin de voir de plus près ce qu’il y avait là, dans la neige. Une femme est montée de la vallée avec son chien, pour rendre visite aux Manser en ce jour de fête ; elle leur a raconté en arrivant là-haut que son “Bläss” s’est montré singulièrement nerveux pendant la montée ; il n’a pas cessé d’aboyer, de tirer sur la laisse pour se précipiter en bas de la pente où gisait quelque chose de bizarre, d’inhabituel. Qu’est-ce que cela pouvait bien être ? Allez donc jeter un coup d’oeil, les garçons !


Le mort couché dans la neige, au pied de la pente, est un poète qu’enchantèrent l’hiver et la danse légère et joyeuse des flocons — un authentique poète qui nourrit en son coeur d’enfant la nostalgie d’un monde de silence, de pureté et d’amour : Robert Walser.

" 

Carl Seelig, Promenades avec Robert Walser (1977), 
dernières pages







dimanche 23 décembre 2012

Une ultime maniaquerie


La Boule de Feu, une fois de plus, se retrouva seule à trois heures du matin dans sa fausse grande hacienda de North Rodeo Drive et, pour la dernière fois, elle gravit les marches de son escalier à la rampe en fer forgé dans sa robe en lamé argent (impayés, comme tout le reste).
 Sa chambre ressemblait à la Chapelle de Notre-Dame de Guadalupe en son jour de Bénédiction : des fleurs, des cierges partout — la pièce illuminée. Prête à recevoir la star. Elle griffonna quelques mots d’adieu sur un bloc-notes posé sur la table de nuit, près du téléphone en or blanc :

Harald,

Puisse Dieu te pardonner et me pardonner aussi, mais je préfère m’ôter la vie avec celle de notre enfant plutôt que de lui porter la honte ou de le tuer.
LUPE

[…] Elle ouvrit le flacon de Séconal qui attendait sur la table de nuit, porta le verre d’eau à ses lèvres, et avala les soixante-quinze petits billets pour l’Oubli. Elle s’étendit sur le lit de satin au pied du grand crucifix, les mains jointes sur la poitrine dans une dernière prière, ferma les yeux et imagina les photos en première page des éditions du lendemain : La Belle au bois dormant. Ainsi, bien sûr, que l’exclusivité de la scène d’adieu par Louella (1), en une, dans un encadré noir.
Dans l’Examiner du lendemain, en effet, Lolly décrivait la nature morte découverte à la Casa Felicias de North Rodeo Drive :

Lupe ne fut jamais plus belle qu’étendue là, comme endormie… Une vague sourire, celui des rêves secrets… Ressemblant à une enfant faisant sa sieste, comme une petite fille sage… Mais écoutez : voilà les toutous, Chops, Chips, qui grattent à la porte… Ils gémissent, ils pleurent… Ils veulent sortir jouer avec leur petite Lupita…

Aucune photo du lit de mort ne vint accompagner la prose de Parsons. La scène, en réalité, s’était déroulée différemment. 
Quand la domestique, Juanita, avait ouvert la porte de la chambre à neuf heures, le matin qui suivit le suicide (2), Lupe n’était pas là. Le lit était vide. L’arôme des bougies parfumées, les effluves des tubéreuses masquaient presque, mais pas tout à fait, une puanteur évocatrice des clochards des quartiers de Skid Row. Juanita constata la traînée de vomi qui partait du lit, et suivit la piste tachetée jusqu’à la salle de bains carrelée aux motifs d’orchidées. Elle y découvrit sa maîtresse, Señorita Velez, la tête enfoncée dans la cuvette des toilettes, noyée.
 La dose massive de Séconal n’avait pas été fatale de la manière attendue. Le somnifère avait réagi avec le dernier repas mexi-piquant de la Boule de Feu. L’action viscérale, son estomac retourné, avaient ranimé Lupe, étourdie. Prise de vomissements violents, une ultime maniaquerie l’avait conduite à tituber en direction du sanctuaire sanitaire de la salle de bains (3), où elle glissa sur le carrelage et plongea la tête la première dans son « Modèle Confort Onyx d’Égypte Vert Chartreuse à Chasse d’Eau Muette ».

Kenneth Anger, Hollywood Babylone (1975)



(1) Louella Parsons, reine des échotières de Hollywood, « arriviste haletante et authentique Paganini de la Sottise » selon Anger. 

(2) Soit le 14 décembre 1944.

(3) En français dans le texte. La traduction de Gwilym Tonnerre vient de paraître chez Tristram.



samedi 1 décembre 2012

Tout homme de lettres qui se respecte




« Je compose en effet moi-même des poèmes lyriques, car je soutiens que tout homme de lettres qui se respecte doit faire ses armes dans l'art d'être jeune ou amoureux. » 

R. Walser, lettre à la rédaction de la Frankfurter Zeitung, 
avril/mai 1927